Cinéma: « Au nom du fils »


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Cinéma: « Au nom du fils »
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Dans son dernier film, Vincent Lannoo a choisi de s'attaquer à un sujet extrêmement délicat: la pédophilie dans l'Eglise. Mais il le fait de manière tellement maladroite et inappropriée qu'il rate complètement son objectif, laissant le spectateur sur sa faim.

Elisabeth a apparemment tout pour être heureuse: une famille idéale, un rôle actif et apprécié au sein de sa communauté (elle anime une tribune sur une station de radio catholique) et surtout, une foi inébranlable en Dieu et ses représentants. Alors que la paroisse doit se serrer la ceinture pour faire face à ses frais de fonctionnement, elle accepte d'accueillir au sein de son foyer le père Achille. La fréquentation au quotidien de cet homme d'Église, bien sous tous rapports, devrait, pense-t-elle, contribuer à élever moralement et spirituellement sa petite famille…
Ce qu'elle ignore, c'est qu'en ouvrant ainsi les portes de sa maison, elle vient de faire entrer le loup dans la bergerie. Tandis qu'elle prodigue ses bons conseils sur les ondes de la radio, le jeune vicaire abuse, en effet, de son fils aîné. Lorsque la vérité éclate enfin au visage d'Elisabeth, au propre comme au figuré, celle-ci se lance dans une croisade sans merci contre l'Eglise et ce qu'elle nomme ses secrets et son hypocrisie. Elle n'hésite pas à faire couler le sang…

Un humour déplacé

"Faire ce film a répondu pour moi à un besoin", a expliqué Vincent Lannoo, "celui de répondre au silence que je continuais à sentir: le silence de l'Eglise, le silence de la justice. Et comme toujours, quand je suis indigné par quelque chose, j'essaie d'en faire un film." Si l'on peut comprendre, voire partager la colère et le dégoût du réalisateur belge, on se demande, par contre, en quoi son dernier film va faire avancer le débat. Pamphlétaire et iconoclaste, "Au nom du fils" est, en effet, tellement outrancier, tellement jusqu'au-boutiste dans la véhémence de son propos, qu'il passe complètement à côté de son sujet. De plus, il oscille constamment entre le drame et le second degré, créant un sentiment de malaise chez le spectateur. Certes, l'humour peut faire passer bien des messages, y compris les plus délicats, mais dans ce cas, il semble complètement déplacé. (...)

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Catégorie : Culture

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