Cinéma: Elefante Blanco


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Cinéma: Elefante Blanco
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Par une curieuse coïncidence, le jour même de l'élection du pape argentin sortait sur quelques écrans belges un film sur la vie de deux prêtres engagés dans un bidon-ville de Buenos Aires. Intéressant, sous son aspect documentaire, et sincère, ce long-métrage de Pablo Trapero peine malheureusement à tenir le spectateur en haleine.

Pablo Trapero est au cinéma argentin ce que Ken Loach est au 7e art britannique: un réalisateur engagé socialement. Ses films dépeignent souvent les conditions difficiles des laissés pour compte dans son pays. Son septième long-métrage est de cette même veine et nous plonge dans le "bidonville de la Vierge" dans la banlieue de Buenos Aires. Un bidonville dominé par un immense bâtiment abandonné, l' "Elefante Blanco", où se réfugient les jeunes drogués du quartier.
C'est donc au pied de cet "Elephant blanc", qu'oeuvre Julian (interprété par Ricardo Darin, une légende du cinéma argentin), un prêtre dans la lignée du Père Carlos Mugica, personnage historique et emblématique du mouvement des prêtres-ouvriers, qui fonda la paroisse du Christ-Ouvrier, avant d'être assassiné en 1974 par un Escadron de la Mort.
Julian, dont on comprend dès la scène d'ouverture qu'il a une tumeur au cerveau, est rejoint par Nicolas (Jérémie Rénier), un ami de longue date. Ce dernier a dû en effet abandonner en toute hâte un projet qu'il menait dans la jungle, après avoir assisté, impuissant, à la mise à sac d'un village amérindien et à l'assassinat de ses habitants par des forces paramilitaires.

Profondément choqué et assailli par un profond sentiment de culpabilité, Nicolas trouve un peu de réconfort auprès de Julian et de Luciana (Martina Gusman), une jeune assistante sociale. Et s'investit rapidement à leurs côtés. Il y a notamment un chantier de constuction d'hôpital - démarré il y a soixante ans - qu'il faut faire aboutir. Mais aussi des baptêmes à célébrer, de jeunes ados à sauver de la spirale infernale de la drogue et de la violence… Et parfois des cadavres à récupérer dans des quartier voisins et ennemis… Si la guerre fait rage entre les gangs, les "padre" sont toujours respectés. Ces hommes d’Eglise sont en fait les rares représentants des institutions qui existent à l’extérieur des bidonvilles où il n’y a ni écoles, ni hôpitaux, ni policiers. (...)

Pierre GRANIER

Retrouvez la suite de l'article dans le journal "Dimanche Express" n°11, disponible via la boutique en ligne

"Elefante Blanco", de Pablo Trapero, 1h50

Catégorie : Culture

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