La nomination de sœur Alessandra Smerilli à la tête du Dicastère pour le Service du développement humain intégral, annoncée le 30 juin 2026, confirme une évolution majeure de la gouvernance de l’Église catholique. En une décennie, plusieurs femmes, religieuses ou laïques, ont accédé à des responsabilités autrefois réservées aux hommes au Vatican.
Tour d’horizon de huit personnalités qui comptent désormais parmi les figures les plus influentes de l’Église.
Sœur Alessandra Smerilli, nouvelle préfète du développement humain intégral

La dernière nomination en date est aussi l’une des plus significatives. Le pape Léon XIV a nommé la religieuse salésienne et économiste italienne Alessandra Smerilli préfète du Dicastère pour le Service du développement humain intégral, l’un des "grands ministères" du Vatican. Elle succède au cardinal Michael Czerny.
Née en 1974 à Vasto (Italie), cette spécialiste d’économie politique enseigne depuis de nombreuses années à la faculté pontificale Auxilium. Après avoir été consultante de différents organismes du Saint-Siège, elle avait déjà marqué l’histoire en devenant en 2021 la première femme secrétaire d’un dicastère romain. Pendant la pandémie, elle avait coordonné la Commission Vatican Covid-19 chargée de réfléchir aux conséquences économiques et sociales de la crise.
Son dicastère traite de dossiers stratégiques : justice sociale, migrations, paix, santé, écologie, doctrine sociale de l’Église et développement humain. Sa nomination fait d’elle la troisième femme à diriger un dicastère de la Curie romaine.
Sœur Simona Brambilla, première femme préfète de l'histoire

Lorsque le pape François la nomme, en janvier 2025, à la tête du Dicastère pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, un cap historique est franchi. Jamais auparavant une femme n'avait dirigé un dicastère de la Curie romaine.
Missionnaire de la Consolata, ancienne infirmière ayant longtemps travaillé au Mozambique, sœur Simona Brambilla connaît parfaitement le monde religieux. Elle a ensuite exercé comme supérieure générale de sa congrégation avant d'être appelée à Rome.
Le dicastère qu'elle dirige supervise des milliers de congrégations religieuses masculines et féminines à travers le monde, ce qui lui confère une influence considérable dans la vie consacrée.
Maria Montserrat Alvarado, bientôt à la tête de la communication du Vatican

Autre nomination marquante de Léon XIV : celle de Maria Montserrat Alvarado comme préfète du Dicastère pour la Communication. Cette juriste laïque américano-mexicaine prendra ses fonctions à l'automne 2026. Son parcours mêle droit canonique, communication institutionnelle et gouvernance ecclésiale.
À l’heure des réseaux sociaux, de la communication numérique et de l’évangélisation en ligne, son rôle est particulièrement stratégique pour l’image et la parole de l’Église dans le monde. Elle sera chargée de superviser l'ensemble des médias du Saint-Siège, parmi lesquels Vatican News, Radio Vatican ou encore L'Osservatore Romano.
Sœur Raffaella Petrini, la "maire" du Vatican

Franciscaine des Sœurs de l'Eucharistie, sœur Raffaella Petrini occupe l'une des fonctions les plus stratégiques de l'État de la Cité du Vatican.
Après avoir été secrétaire générale du Gouvernorat, elle en est devenue présidente en mars 2025. À ce titre, elle administre concrètement le plus petit État du monde : finances, infrastructures, sécurité civile, musées, services techniques ou encore personnel.
Docteure en sciences sociales, formée aux États-Unis, elle est souvent considérée comme l'une des femmes les plus influentes de la Curie.
Sœur Nathalie Becquart, au cœur du Synode

Religieuse xavière française, sœur Nathalie Becquart est devenue en 2021 sous-secrétaire du Secrétariat général du Synode des évêques. Cette nomination lui a également ouvert la possibilité de participer avec droit de vote aux assemblées synodales.
Ancienne responsable de la pastorale des jeunes de la Conférence des évêques de France, diplômée d’HEC et spécialiste des questions de synodalité, elle est aujourd’hui l’une des principales artisanes de la mise en œuvre du processus synodal voulu par le pape François et poursuivi par Léon XIV.
Sœur Yvonne Reungoat, une voix dans le choix des évêques

Ancienne supérieure générale des Filles de Marie Auxiliatrice, la Française sœur Yvonne Reungoat est entrée dans l'histoire en 2022 lorsque le pape François l'a nommée membre du Dicastère pour les évêques. (Cath)
Cette instance examine les candidatures des futurs évêques avant de soumettre ses propositions au pape. Même si la décision finale revient au Saint-Père, les membres du dicastère jouent un rôle essentiel dans le discernement et l’évaluation des profils épiscopaux.
Maria Lia Zervino, la voix des femmes laïques

Présidente de l'Union mondiale des organisations féminines catholiques pendant plusieurs années, l'Argentine Maria Lia Zervino siège elle aussi au Dicastère pour les évêques depuis 2022.
Très engagée dans la promotion des responsabilités confiées aux femmes dans l'Église, elle apporte une expertise issue du terrain et du monde associatif catholique international.
Barbara Jatta, gardienne des trésors des Musées du Vatican

Historienne de l'art, Barbara Jatta dirige depuis 2017 les Musées du Vatican, l'un des plus importants ensembles muséaux au monde. Elle supervise plusieurs centaines de collaborateurs, la conservation de collections exceptionnelles ainsi que l'accueil de millions de visiteurs chaque année.
Sous sa direction, les musées ont accéléré leur modernisation, leur numérisation et leurs politiques de conservation.
Une évolution lente mais réelle
En une décennie, la présence des femmes au Vatican a considérablement progressé. Selon les chiffres publiés par le Saint-Siège, leur nombre a augmenté de manière significative, tout comme celui des femmes exerçant des responsabilités de direction. Cette évolution a été rendue possible notamment par la Constitution apostolique Praedicate Evangelium, entrée en vigueur en 2022, qui permet à des laïcs — hommes comme femmes — de diriger certains dicastères de la Curie romaine.
Avec Alessandra Smerilli, Simona Brambilla, Raffaella Petrini ou encore Nathalie Becquart, les femmes participent désormais de manière visible à la conduite des missions de l'Eglise dans des domaines aussi variés que l'économie, la communication, la vie consacrée, le développement humain, la culture ou encore la gouvernance de l'État du Vatican. Une évolution que le pape François avait initiée et que Léon XIV semble déterminé à poursuivre.
M.V.L.
