« Ce film offre des vérités spirituelles importantes » : quand l’évêque Robert Barron promeut… le film d’horreur du moment !


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« Ce film offre des vérités spirituelles importantes » : quand l’évêque Robert Barron promeut… le film d’horreur du moment !
Obsession est un film d'horreur psychologique américain, sorti dans les salles belges le 13 mai dernier. Il a reçu un soutien de taille aux Etats-Unis : le très influent évêque Robert Barron ! © Bande-annonce du film / Mgr Barron wordonfire.org
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
5 min

Un évêque qui recommande un film d’horreur ? C’est la surprise venue des Etats-Unis. L'influent Robert Barron a publiquement conseillé d’aller voir Obsession, succès inattendu du box-office. Non pour ses frissons seulement, mais parce que le film offrirait, selon lui, de précieuses vérités spirituelles sur le désir humain, ses illusions et ce qu’il peut coûter quand il se détourne de Dieu.

Les films d'horreur et d'épouvante n'ont jamais vraiment été en odeur de sainteté dans l'Eglise. A sa sortie en 1973, le cultissisme L'Exorciste fut ainsi condamné publiquement par le Bureau cinéma de la Conférence épiscopale américaine (USCCB), qui l’avait jugé "inadapté" à un large public.

Plus récemment, L'Exorciste du Vatican (2023), qui met en scène Russell Crowe dans la peau du célèbre exorciste italien Gabriele Amorth, s'est lui aussi attiré les foudres de certains milieux catholiques, mais pour une autre raison : l'Association internationale des exorcistes (AIE), fondée par le père Amorth lui-même et regroupant plus de 800 exorcistes à travers le monde, a reproché au film de "falsifier ce qui se vit et s’expérimente réellement lors de l’exorcisme".

👉 Lire à ce sujet : L'exorcisme : Une mine inépuisable de fantasmes

Enfin, à l’échelon local, il arrive çà et là que des évêques ou prêtres prennent publiquement position contre certains films qu’ils jugent contraires à la morale, malsains sur le plan spirituel (présences démoniaques) ou inadaptés aux enfants.

L'évêque Robert Barron recommande Obsession

Ce mardi 2 juin, soit plus de 50 ans après la sortie décriée de L'Exorciste, un évêque américain a promu un film d'horreur. Sur son compte X, le très influent évêque Robert Barron, catholique le plus suivi au monde après le pape, a publiquement conseillé d’aller voir Obsession, film d’horreur psychologique - sorti dans les salles belges le 13 mai dernier.

Réalisé pour environ un million de dollars, Obsession aurait déjà rapporté plus de 150 millions au box-office. Mais ce n’est pas seulement cette réussite financière qui intéresse Mgr Barron. Pour lui, le film est aussi "spirituellement très intéressant".

Le pitch du film ? Bear, un jeune homme introverti, n’arrive pas à faire comprendre à Nikki, son amie d'enfance, l'amour qu’il ressent pour elle. Un jour, dans une boutique occulte, il tombe sur un étrange objet capable d’exaucer un vœu… et cède à la tentation. Mais quand Nikki se met enfin à l’aimer, le rêve vire peu à peu au cauchemar.

"Les choses tournent, disons-le ainsi, très mal" glisse l'évêque. "Je ne dévoilerai pas davantage l’intrigue. Disons seulement que Nikki finit par dévorer le jeune homme et le pousser vers le désespoir."

⚠️ Attention, comme le laisse deviner la miniature ci-dessus et comme avertit l'évêque Barron en personne, certaines images de ce trailer peuvent déplaire aux âmes les plus sensibles.

Derrière l’effroi que peuvent provoquer ces images, Mgr Barron voit surtout une puissante parabole sur le désir : "Tout au long de ce film, je n’ai cessé de penser à la célèbre phrase d’Oscar Wilde : ‘La seule chose pire que de ne pas obtenir ce que l’on veut, c’est de l’obtenir.’" Pour l’évêque américain, le film rappelle un enjeu central de la révélation biblique : "Si vous attachez votre désir le plus profond à quelque chose ou à quelqu’un d’autre qu’à Dieu, vous ne trouverez pas la satisfaction, mais la destruction."

La seule chose pire que de ne pas obtenir ce que l’on veut, c’est de l’obtenir.

Mgr Robert Barron fait alors un lien très concret avec le rite de la Confirmation, moment où l’Eglise s’adresse précisément à des jeunes appelés à poser des choix libres et responsables. "Lors du rite de la Confirmation, je pose aux jeunes une série de questions, dont la première est : ‘Renoncez-vous à Satan, à toutes ses œuvres et à toutes ses promesses vaines ?’ À travers les âges, Satan a toujours fait la même promesse vide : je vais te donner quelque chose de moindre que Dieu, et cela te rendra heureux. En réalité, cela te ruinera, et plus tu chercheras à l’obtenir, plus tu deviendras malheureux."

À travers les âges, Satan a toujours fait la même promesse vide : je vais te donner quelque chose de moindre que Dieu, et cela te rendra heureux.

L'évêque américain opère aussi un rapprochement avec l’occultisme. Dans ses échanges avec des exorcistes, l'évêque entend souvent que ceux qui se retrouvent pris au piège du diable "commencent par s’essayer à l’occultisme". Or, dans ce film justement, on découvre que les propriétaires de la boutique occulte, où le jeune Bear a acheté le funeste “wish-willow” (petit bâton à souhaits), "sont en réalité liés à des puissances spirituelles très sombres".

La conclusion de son post est limpide : "Obsession est un bon film d’horreur. Si vous aimez le genre, et que vous n’êtes pas trop sensible, allez le voir." Car, selon lui, le film ne se contente pas de faire peur : "Il offre aussi des vérités spirituelles importantes".

Léon XIV préfère les comédies et drames

Quelques mois après son élection, Léon XIV, que ses proches décrivent comme un grand cinéphile, avait dévoilé ses quatre films coups de coeur : It's a Wonderful Life (1946), La Mélodie du bonheur (1965), Des gens comme les autres (1980) et le bouleversant La vita è bella (1997). Autant d’œuvres tendres, musicales ou dramatiques, bien éloignées des codes du cinéma horrifique.

Une nuance mérite toutefois d’être apportée : le film d’horreur muet Nosferatu, réalisé par F. W. Murnau en 1922, figure dans la célèbre liste des films recommandés par le Vatican, publiée en 1995 à l’occasion du centenaire du cinéma. Preuve que, même dans un genre longtemps regardé avec prudence, l’Église peut reconnaître la plus-value d’une œuvre...

Clément LALOYAUX

Catégorie : Sens et foi

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