Dans un monde hyperconnecté où la désinformation circule à grande vitesse, où l'intelligence artificielle ne cesse de progresser, comment faire le tri et nous protéger ? C'est l'une des missions de CathoBel.
L’Église n’échappe pas non plus aux fake news. Le pape Léon XIV l’a récemment rappelé avec force : les technologies numériques, et en particulier l’intelligence artificielle, peuvent brouiller la frontière entre le vrai et le faux, entre la réalité et la simulation. Algorithmes, titres accrocheurs, rumeurs virales ou contenus générés artificiellement exploitent nos émotions et affaiblissent parfois notre esprit critique.
A l'occasion du Dimanche des médias, ce 17 mai, nous sommes allés à votre rencontre, pour tester vos connaissances sur quelques questions relatives à l'Eglise ou aux religions. Nous vous avons posé quatre questions. Voici les réponses (correctes) que vous auriez pu apporter...
"Trump se dit être chrétien"
Donald Trump est officiellement de confession presbytérienne (protestante), ayant été baptisé et confirmé dans cette église durant sa jeunesse à New York.
S'il n'est pas possible de connaitre la vie intérieure du président américain - pas davantage que celle des autres - force est de constater que son rapport à la religion est fortement marqué par forte dimension politique et stratégique. Rappelons cependant qu'aux Etats-Unis, la religion est bien davantage présente dans l'espace public que dans un pays (très sécularisé) comme la Belgique.
A plusieurs reprises, Trump a convoqué des dirigeants religieux à la Maison Blanche. Régulièrement, dans ses interventions publiques, il se réfère à Dieu ou à Jésus. A plusieurs reprises, sur les réseaux sociaux, il a aussi publié des visuels dans lesquels il donne l'impression de se "prendre pour Dieu".
S'il a bénéficié, lors de son élection, d'un net soutien des chrétiens évangéliques, sa présidence est aussi marquée par des passes d'armes avec l'Eglise catholique - et même avec le Pape.
"C'est une femme qui est à la tête de l’Eglise anglicane"
Oui, c'est actuellement une femme qui est cheffe spirituelle des anglicans dans le monde. Une première dans l'Eglise anglicane ! Sarah Mullally est entrée dans l’histoire en devenant la première femme nommée archevêque de Canterbury. Née en 1962, mariée et mère de deux enfants, elle a d’abord mené une carrière dans le secteur de la santé avant d’être ordonnée prêtre anglicane en 2001. En 2015, elle devient l’une des premières femmes évêques de l’Eglise anglicane, puis, en mai 2018, la première femme évêque de Londres. Désignée à l’automne 2025 pour succéder à Justin Welby, démissionnaire après sa gestion contestée d’un scandale d’abus sexuels, elle a été confirmée dans ses fonctions le 28 janvier 2026 à la cathédrale Saint-Paul de Londres avant son intronisation officielle le 24 mars à Canterbury.

Capture d'écran YouTube Church of England
Devenue la 106e archevêque de Canterbury, elle est désormais considérée comme la principale autorité spirituelle de la Communion anglicane, forte de quelque 85 millions de fidèles présents dans 165 pays. Le 27 avril 2026, Sarah Mullally a été reçue au Vatican par le pape Léon XIV, qui a salué le dialogue et l’unité entre anglicans et catholiques.
"En 2028, les hommes mariés pourront devenir prêtre"
L'évêque d'Anvers, Mgr Johan Bonny, a récemment exprimé le souhait de pouvoir ordonner, d'ici 2028, des hommes mariés. "Je connais moi-même de nombreux collaborateurs qui seraient tout à fait aptes à devenir prêtres", a-t-il déclaré en mars dernier. "Je mettrai tout en œuvre pour ordonner d’ici 2028 quelques hommes mariés prêtres pour notre diocèse".
Rien n'indique pourtant que Mgr Bonny sera entendu par le Vatican. Si des hommes mariés peuvent être ordonnés dans certaines Eglises catholiques orientales (comme c'est aussi le cas chez les protestants, les orthodoxes ou les anglicans), Rome a toujours, jusqu'à récemment, confirmé sa ligne en la matière. Si l'histoire reste à écrire, il est donc assez incertain de voir des prêtres mariés - à Anvers ou ailleurs - d'ici 2028.
"Il existe déjà des prêtres IA"

Fake news. A ce jour, il n’existe aucune intelligence artificielle exerçant le rôle de prêtre au sens du ministère chrétien, c’est‑à‑dire capable de célébrer les sacrements, d’accompagner spirituellement les fidèles ou d’assumer une responsabilité pastorale et doctrinale. Ces dimensions relèvent intrinsèquement de l’humain, de la relation personnelle, du discernement spirituel et de l’ordination, qu’aucun algorithme ne peut remplacer.
Cette confusion vient cependant d’expérimentations ou d’outils bien réels. On a ainsi vu apparaître des dispositifs comme un « Jésus IA » dans une chapelle suisse, conçu pour dialoguer avec des visiteurs sur des questions de foi. Mais il s’agissait seulement d’un échange informatif ou spirituel à visée expérimentale. De même, des applications comme Magisterium AI ou des générateurs de sermons existent: elles permettent d’accéder rapidement à des textes du magistère, de proposer des pistes pour une homélie, de structurer un propos ou d’alléger certaines tâches administratives et logistiques (agenda paroissial, communication, traduction, supports catéchétiques).
L’Eglise et de nombreux prêtres reconnaissent l’intérêt de ces outils comme assistants, jamais comme substituts. L’IA peut aider à gagner du temps, stimuler la réflexion ou améliorer l’organisation, mais elle ne peut ni prêcher avec autorité spirituelle, ni prier, ni confesser, ni accompagner une personne dans la souffrance ou le discernement moral. Elle ne possède ni conscience, ni foi, ni responsabilité.
Consciente de ces enjeux, le pape Léon XIV appelle à une grande prudence. Il met en garde contre une dépendance excessive et insiste sur la nécessité de limiter et encadrer l’usage de l’intelligence artificielle, afin qu’elle reste un outil au service de la mission humaine et spirituelle, et non une illusion de remplacement du ministère sacerdotal.
