Opinion : Pourquoi donc ces homélies au ton si ennuyeux ?


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Opinion : Pourquoi donc ces homélies au ton si ennuyeux ?
Par Claude CALLENS 
Publié le - Modifié le
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Il y a deux semaines, dans son édito, Vincent Delcorps constatait qu’il était peu question d’alcoolisme dans le discours de l’Eglise – les homélies notamment. Fidèle lecteur, Claude Callens a tenu à lui répondre. Pour marquer son accord, et pour élargir le propos.

Cher Monsieur Delcorps,

Comme chaque semaine, j’ai lu avec attention votre éditorial dans le journal Dimanche. Ce 8 février, dans le n°5, vous avouez: “Ce qui me choque, c’est que je n’ai pas le souvenir de la moindre homélie dans laquelle on aurait mis en garde contre les dangers de l’alcool. C’est que nous faisons comme s’il n’y avait pas d’alcooliques dans nos assemblées.” C’est très bien vu et rondement dit mais, permettez-moi de trouver votre indignation trop limitée! 

Et la pornographie?

Ce qui me choque, moi, c’est que je n’ai pas le souvenir de la moindre homélie dans laquelle on aurait mis en garde contre la pornographie, ce "vice", disait le pape François, qui touche aussi bien “les laïcs, hommes et femmes, que les religieux et les sœurs” (24/10/2022), ce vice qui “sape le plaisir sexuel qui est un don de Dieu” (17/1/2024), ce “langage du diable”! (25/9/2024).

Ce qui me choque, moi, c’est que je n’ai pas le souvenir de la moindre homélie dans laquelle on aurait mis en garde contre l’un ou l’autre des cinquante maux contemporains dénoncés par François dans Fratelli tutti. 

Ce qui me choque, moi, c’est que je n’ai pas le souvenir de la moindre homélie dans laquelle on aurait incité les "assis" à lire et à méditer les messages de nos souverains pontifes, ou du moins résumé l’essentiel pour les paresseux. A se demander pourquoi nos papes se fatiguent à pondre des textes qui ne trouvent aucun écho dans nos églises. 

Où est la radicalité?

Ce qui me choque, moi, c’est que l’homélie se garde prudemment de trop confronter la radicalité de l’Evangile à nos tares. Ne faisons pas de vagues! Préservons le "vivre ensemble"! Ne faisons pas fuir les trois pelés et le dernier tondu de l’assemblée! 

Ce qui me choque, moi, c’est le ton lénifiant qui éteint le feu que Jésus est venu apporter sur la terre et qu’il voudrait trouver allumé (Lc 12,49), le ton doucereux qui a rangé le glaive de la parole de Dieu dans son fourreau pour éviter que le père et le fils ne s’empoignent (Mt 10, 34 à 36).

A mettre le feu, à sortir le glaive, peut-être que le fils, ses copains et ses copines reviendraient se réchauffer et s’armer pour le grand combat spirituel.

Laissez libre cours à votre indignation, cher Monsieur Delcorps, et merci pour ce premier électrochoc.

Claude CALLENS 

Catégorie : Opinions

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