Alors qu'un Belge sur six est concerné par la surconsommation d’alcool, un évêque prend position publiquement.
Un mois sans boire une goutte d'alcool. C'est le défi que relèvent actuellement les participants de Tournée Minérale. Et parmi eux, l'on compte un évêque belge, celui de Tournai : "Je suis content de la faire parce que je suis conscient que dans notre société, il y a beaucoup de gens qui ont des problèmes avec l'alcool" explique Mgr Rossignol, dans une vidéo publiée par le diocèse de Tournai.
D'après lui, cette dépendance "insidieuse" s'installe plus vite qu'on ne le croit : le soir, après une journée de boulot stressante, "on boit un petit verre pour se relaxer" ; ou bien, en société, "les gens vous incitent à prendre encore un petit verre". Même s'il n'a "pas de problème avec l'alcool", il trouve ça bien de faire "ce petit sacrifice, pour moi et pour les autres".
▶️ Vidéo : Mgr Rossignol annonce sa "Tournai Minérale"
La surconsommation d’alcool touche un Belge sur six
L'évêque pose là un diagnostic juste. D'après la campagne Tournée Minérale, 18% des Belges (de plus de 15 ans) présente des signes de surconsommation d'alcool. Une réalité aux conséquences bien concrètes sur la santé : l’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable juste derrière le tabac, selon l'OMS. L'impact est encore plus fort sur la jeunesse : l’alcool est aujourd'hui la première cause de décès chez les jeunes de 15 à 29 ans.
Et quand bien même l'on se considère comme un buveur occasionnel, il y a de bonnes raisons de se passer d’alcool durant un mois, rappelle Tournée Minérale : veiller à une meilleure santé, surmonter un défi personnel (ou entre amis), découvrir les bienfaits d’une pause...
Depuis sa création par la Fondation contre le Cancer, en 2017, près d’1,5 million de Belges ont déclaré faire la Tournée Minérale. Avec quel bilan ? Eh bien, 8 participants sur 10 disent avoir ressenti au moins un des effets positifs d’un mois sans alcool : perte du poids, gain de sommeil, plus grande énergie et/ou meilleure santé mentale.
Un carême sans alcool ?
La démarche de l'évêque de Tournai ressemble fortement à celle de son homologue de Créteil qui, en 2010, avait proposé à ses fidèles un carême sans alcool. L'évêque français dénonçait alors une addiction responsable de "nombreux drames dans les familles", mais aussi de lourdes conséquences "chez les très jeunes" (dépressions, tentatives de suicide, séquelles irréversibles...).
Après le Dry January et Tournée Minérale, pourquoi ne pas envisager, en Belgique aussi, un carême sans alcool ? Une abstinence exigeante pour certains, mais ô combien porteuse de sens.
Découvrez notre récent dossier sur l'alcoolisme
Dans une société où l’alcool est omniprésent et socialement valorisé, l’alcoolisme reste, lui, un sujet tabou. Pourtant, il n’épargne aucun milieu, pas même le monde religieux. A lire dans notre dossier :
- Edito : L’Eglise aurait-elle un problème avec l’alcool?
- Alcool et alcoolisme : quelle approche de la Bible et de l’Eglise ?
- "L’alcool est souvent un sujet tabou. Encore plus chez les religieuses que chez les prêtres"
- 🎧 Le podcast : La confession d’un alcoolique qui se soigne
C.L.

