Après Liège, c’est au tour de Namur d’accueillir l’exposition photo sur "Les chiffonniers du Moqattam”. Elle retrace en images le quotidien de ceux que l’on nomme en arabe les zabbâlîn et qui vit du recyclage de déchets.

Etudiée désormais depuis plusieurs années par chercheurs et journalistes, la communauté des zabbâlîn est composée essentiellement de chrétiens coptes orthodoxes et elle est présente dans plusieurs grandes villes d’Egypte, parmi lesquelles Le Caire. S’il existe divers quartiers de chiffonniers dans la capitale égyptienne, le plus célèbre demeure celui de Manshiyyat Nâsir. Celui-ci englobe la zone du Moqattam, où se trouve une importante communauté de zabbâlîn.
Recyclage et élevage
Les chiffonniers du Caire vivent, entre autres, du ramassage et du recyclage des déchets ainsi que de l’élevage des porcs. Leur activité de recyclage joue un rôle essentiel dans le traitement des déchets de la capitale égyptienne. Le système de gestion des détritus y est en effet dominé par des acteurs informels tels les chiffonniers.
L’image de ces recycleurs est cependant assez ambiguë. Ils représentent aux yeux de nombreux Egyptiens un danger sanitaire, puisqu’ils vivent au contact des déchets. Réputés comme impurs non seulement à cause de leur activité d’"éboueurs", mais aussi à cause de l’élevage de porcs, ils suscitent la méfiance de plus d’un Cairote. Considérés comme des marginaux en Egypte, ils fascinent par ailleurs et sont valorisés à l’international: leur travail de recyclage est salué comme une action écologique permettant le maintien de l’hygiène et de la propreté de la ville. Les chiffonniers du Moqattam ont en outre bénéficié des œuvres de sœur Emmanuelle, qui a contribué à les faire connaître au grand public.
Dans les pas de sœur Emmanuelle

L’association Solidarité-Orient, qui défend plusieurs initiatives pour soutenir les chrétiens d’Orient, apporte également son aide pour le développement de projets dans le quartier des chiffonniers du Moqattam. Elle s’est d’ailleurs rendue sur place en avril 2025 et y a rencontré plusieurs acteurs importants. Notamment Romani Badir, un ingénieur descendant de chiffonniers qui a collaboré pour la création d’un jardin d’enfants, et sœur Sara qui, comme sœur Emmanuelle, œuvre pour que les jeunes filles puissent réaliser des études. C’est lors de cette visite dans le quartier du Moqattam qu’ont été prises les photographies exposées actuellement. A travers quelques clichés, l’exposition donne à voir une part de la réalité vécue par ces zabbâlîn, auxquels de nombreux stéréotypes restent attachés.
Sandra OTTE, diocèse de Liège
(photo : Sophie Delhalle)
L’exposition organisée par l’asbl Solidarité-Orient, sera accessible du 18 au 31 janvier à l'église Saint-Loup, à Namur. Puis du 2 au 22 février dans le hall du Grand Séminaire francophone de Namur (rue du Séminaire 11B, à Namur). Entrée libre.
Un catalogue sera disponible à la vente (5 euros) dont l’intégralité des bénéfices revient au projet "jardin d’enfants du Moqattam".
En marge de cette exposition, le jeudi 12 février à 19h30 (en présentiel et distanciel), conférence du professeur Christian Cannuyer, égyptologue et directeur de Solidarité-Orient, sur l’avenir des chrétiens en Orient. Salle Henri de Lubac, rue du Séminaire 11B, 5000 Namur. PAF libre.
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