Le vendredi 5 décembre, les évêques francophones de Belgique ont diffusé un communiqué annonçant leur décision de dégager davantage de moyens sur le numérique et d'arrêter la diffuser de 1RCF Belgique sur le DAB+. Quelles seront les exactes conséquences de cette décision, notamment pour vous?
1. Qu'est-ce que la radio 1RCF Belgique?
1RCF Belgique a été créée en 2019. A ce moment-là, le DAB+ (Digital Audio Broadcasting Plus) est lancé en Belgique francophone. Il est alors présenté comme l'avenir de la radio, aux dépens d'une FM, appelée à s'éteindre lentement. Le DAB+ permettra à 1RCF Belgique d'être écoutée (pratiquement) sur l'ensemble du territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une sacrée différence par rapport aux RCF locales (Bruxelles, Liège et Namur), que l'on ne peut capter que dans leurs régions propres.
Au fil des ans, les évêques de Belgique ont investi des moyens financiers et humains considérables dans ce projet. Celui-ci n'a toutefois été rendu possible que grâce à la générosité de nombreux mécènes et donateurs. Le projet a porté de nombreux fruits, grâce à l'engagement du directeur Jacques Galloy, aux compétences des permanents et à l'enthousiasme des bénévoles. Outre la radio, le média s'est déployé sur le digital, notamment sur les réseaux sociaux.
2. Pourquoi l'arrêt de la diffusion de 1RCF Belgique sur le DAB+ a-t-il été décidé?
A côté de ses avantages, le DAB+ a aussi ses limites. Si le coût de diffusion est intrinsèquement moins cher que celui de la FM (environ 4 fois moins cher), il reste élevé vu la puissance de la technologie. Par ailleurs, l'usage de celle-ci se répand plus lentement que prévu. De plus en plus de personnes, en particulier les plus jeunes générations, écoutent aujourd'hui des podcasts ciblés plutôt que le flux continu de la radio. Il est aujourd'hui impossible de chiffrer précisément le nombre d'auditeurs réguliers de 1RCF Belgique car celui-ci reste sous le seuil des minimas retenus.
La décision des évêques francophones s'inscrit dans une triple dynamique. Un: les évêques sont aujourd'hui confrontés à la nécessité de faire des économies. Deux: ils estiment que l'impact du DAB+ est insuffisant par rapport à son coût et que cette technologie ne permet pas de toucher les plus jeunes générations. Trois: la diversité des médias d'Eglise (RCF locales, CathoBel et 1RCF) est parfois source de doublons, de déperdition de moyens et de confusion.
Au-delà, et plus fondamentalement, les évêques ont clairement le souhait de mettre l'accent sur les médias les plus susceptibles de toucher les personnes - en particulier les plus jeunes générations.
3. Quand la diffusion s'arrêtera-t-elle?
Dans leur communiqué, les évêques indiquent que "la diffusion en DAB+ sera interrompue au plus tard le 30 juin 2026". Dans les faits, la diffusion devrait s'arrêter plus tôt, probablement au premier trimestre 2026. La date précise sera communiquée dès qu'elle sera arrêtée.
4. Pourra-t-on encore écouter RCF en Belgique par après?
Oui, bien sûr!
Pour l'heure, une question n'est pas tranchée: après la cessation sur le DAB+, y aura-t-il encore un projet de diffusion "linéaire" au sein de CathoBel ? Ce projet pourrait prendre la forme d'une web radio et diffuser des contenus à certains moments de la journée. Cette piste est en train d'être explorée.
Par ailleurs, et en tous les cas, les trois radios RCF locales ne sont pas directement concernées par la décision des évêques. A Liège et à Bruxelles, il est possible de les capter via la FM ou le DAB+ local. RCF Sud Belgique, elle, peut être écoutée via la bande FM seulement, dans la région de Namur.
5. Pourquoi intégrer l'équipe de 1RCF Belgique à CathoBel?
Cette décision est assez logique. En 2019, une société avait dû être créée pour permettre la diffusion sur le DAB+. A l'époque, la société avait été logée au sein de l'asbl CathoBel, qui en détenait 80% des parts. Par ailleurs, l'équipe avait intégré le bâtiment de CathoBel, à Wavre. Au fil des ans, si les deux équipes sont restées distinctes, les synergies entre elles n'ont cessé de se multiplier. A terme, un clair rapprochement des deux équipes était de toute façon prévu, au plus tard au moment de l'emménagement vers de nouveaux locaux, prévu en 2026.
Aujourd'hui, CathoBel se voit donc renforcée dans sa mission et invitée à se déployer davantage. Des entretiens sont actuellement menés entre sa direction et les membres de l'équipe de 1RCF afin de préparer l'intégration au mieux, en tenant compte des personnes en fonction, des moyens disponibles et des nouvelles priorités. Ces travaux sont menés sous la supervision d'un comité de pilotage au sein duquel siègent notamment l'abbé Olivier Fröhlich, délégué des évêques pour les médias, et Mgr Fabien Lejeusne, le nouvel évêque de Namur.
6. Quels seront les nouveaux projets?
Les prochaines semaines seront mises à profit pour définir de manière précise ces nouveaux projets. Dans leur communiqué, les évêques mettent l'accent sur le numérique et les jeunes. Ils évoquent aussi explicitement plusieurs réseaux sociaux (YouTube, Instagram et Tik Tok).
Pour l'heure, CathoBel est déjà présente sur le numérique et plusieurs réseaux sociaux, même s'ils consacrent encore une large partie de leurs moyens aux médias traditionnels (journal Dimanche, émissions télévisées, émissions radio). Le regroupement et la fin du DAB+ devraient permettre à CathoBel de dégager des nouveaux moyens afin d'investir davantage sur le numérique et de toucher de nouveaux publics.
