Film documentaire : Semer la forêt de demain


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Film documentaire : Semer la forêt de demain
Par André BOSSUROY
Publié le - Modifié le
3 min

Du Rwanda à la Wallonie, le deuxième épisode d’Eco-acteurs du monde, explore deux territoires que tout oppose en apparence, mais que la forêt relie intimement. Le film interroge une même urgence: comment faire vivre la forêt sans l’épuiser?

"La forêt, c’est un écosystème merveilleux… il faut la vivre, la respirer", entend-on dès les premières images. Le film, réalisé par André Bossuroy avec le soutien de la Coopération belge au développement, nous invite d’emblée à reprendre souffle avant de regarder la réalité en face. En Wallonie, les signes de fragilité s’accumulent: sécheresses répétées, arbres qui dépérissent, monocultures devenues vulnérables. "La forêt est en crise, il est temps de se remettre en question", note l’un des intervenants. Benoît Helsemans (Filière Bois Wallonie), Nicolas Dassonville (Société Royale Forestière de Belgique), le pasteur Léonard Rwanyindo et Henriette Umulisa (Solidarité protestante) apportent chacun leur regard sur cette situation qui appelle un sursaut collectif.

Dans Il était une foi, en radio, Henriette Umulisa, Benoît Helsemans et Nicolas Dassonville ont analysé les défis et les réponses innovantes sur la question de la gestion des forêts. Ecoutez ici leur témoignage en podcast.

Des Assises de la forêt

De cette prise de conscience sont nées, en Wallonie, les Assises de la forêt (2022): 74 résolutions pour une forêt vivante, de la gouvernance au bois local, de l’équilibre faune–forêt aux pratiques sylvicoles. Sur le terrain, des propriétaires ouvrent leurs bois, balisent des circuits, expliquent pourquoi on conserve des arbres morts: nourriture pour insectes, abri pour oiseaux, humus pour demain.

Les agents du DNF, le Département Nature et Forêt, veillent: réserves naturelles, parcs nationaux récents, accueil du public, mais aussi valorisation économique. Dans un parc à grumes, un chêne d’exception partira vers la transformation locale: des milliers d’emplois dépendent d’une filière qui apprend à concilier usages et biodiversité. "On ne met pas tous ses œufs dans le même panier", précise un forestier qui prône la diversification des essences et la régénération naturelle pour renforcer la résilience.

L’arbre au Pays des "mille collines"

A plus de 6 000 kms, le Rwanda a fait de l’arbre un symbole de reconstruction. Pays aux "mille collines", où 96% des ménages dépendent encore du bois-énergie, il a fait passer sa couverture forestière d’environ 18% à plus de 30% en moins de vingt ans.

Comment? Par des campagnes massives de plantation, une gouvernance locale impliquant communes, associations et églises. Le pasteur et le prêtre sont aussi des agents locaux de développement. Ils doivent avoir une Bible dans une main et un journal dans l’autre pour connaître l’actualité et les enjeux de société, confient le pasteur Rwanyindo et Henriette Umulisa chez Solidarité protestante.

L’arbre protège les sols, nourrit, soigne, abrite, jusque dans les parcs où survivent chimpanzés et gorilles des Volcans. Ailleurs, la savane de l’Akagera raconte la restauration après les blessures: reboiser, réintroduire, associer les communautés, diffuser des fours améliorés pour économiser le bois et la santé.

Le film tisse ces gestes en une même trame: apprendre de la nature plutôt que la forcer. "C’est important de perdre du temps à s’émerveiller", nous rappelle le père Bernard Sorel, aumônier des forestiers. Semer la forêt de demain, c’est déjà commencer par là: regarder, comprendre et transmettre.

André BOSSUROY

En télévision, sur la Une (RTBF), dimanche 14 décembre à 11h et samedi 20 décembre vers 10h30. Voir la série Eco-acteurs du monde: www.mediel.app

Catégorie : Culture

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