« On ne met pas un enfant à la rue. Point ! »: une église bruxelloise héberge des familles de réfugiés avec enfants


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« On ne met pas un enfant à la rue. Point ! »: une église bruxelloise héberge des familles de réfugiés avec enfants
Trois familles de réfugiés avec de jeunes enfants sont hébergées à l’église du Béguinage en plein centre-ville bruxellois. © Adobe Stock/DR
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

A l'occasion du Jubilé des migrants, qui se tient ce weekend du 4 et 5 octobre à Rome, arrêtons-nous sur un élan de fraternité en plein centre-ville de Bruxelles. L'église du Béguinage, connue pour son engagement auprès des plus vulnérables, a ouvert ses portes à trois familles réfugiées avec de jeunes enfants. "Ce n’est pas une solution durable, mais c’est mieux que la rue" confie l’association House of Compassion.

Au coeur de Bruxelles, le collectif House of Compassion, qui a fait de l'église du Béguinage un lieu de lutte pour les droits des personnes sans papiers, a ouvert les portes de son église à trois familles avec de jeunes enfants, en attendant une place chez des familles d’accueil. "Ce n’est pas une solution durable, mais c’est mieux que la rue, annonce House of Compassion dans un communiqué. Cela offre un peu de sécurité et de répit".

Protégés sur le papier, abandonnés dans la rue

"Les familles que nous hébergeons temporairement sont des réfugiés reconnus en Grèce" explique-t-on du côté de l'église du Béguinage. Mais, en Grèce, ces familles ont été abandonnées par les autorités "dans des conditions d’exclusion organisée".

En effet, là-bas, 89 % des réfugiés vivent sous le seuil de pauvreté. Les familles sont reléguées dans des camps précaires, souvent sans eau courante, sans électricité ni intimité. Les enfants n’ont pas accès à l’éducation ni aux soins de santé. L’attente des documents nécessaires pour pouvoir travailler y est interminable. "Ce n’est pas une vie, mais une impasse" dénonce l'association bruxelloise. "C’est pourquoi ces familles sont venues en Belgique, à la recherche d’un accueil digne."

Or, ici aussi, Fedasil leur refuse un hébergement, sous prétexte qu’elles bénéficieraient déjà d’une protection en Grèce. Une protection "qui n’existe que sur le papier", dénonce House of Compassion. Résultat : les familles n’ont le choix qu’entre dormir dans la rue à Athènes ou dormir dans la rue à Bruxelles.

"En ne les accueillant pas, la Belgique participe à la même logique d’exclusion, déplore l'église bruxelloise. Ce sont des choix politiques, en Grèce et en Belgique, qui rendent les enfants sans-abri."

Une action citoyenne et politique

En ouvrant les portes de l’église du Béguinage, House of Compassion entend à la fois offrir un refuge aux trois familles et alerter l’opinion. "Quand l’Église du Béguinage ouvre ses portes, cela signifie que nous sommes en situation de crise", souligne Geneviève Frère, coordinatrice du collectif. "Cet endroit est hautement symbolique."

Le père Daniel Alliët, figure engagée de la paroisse, rappelle la continuité du combat de House of Compassion en faveur des enfants : "Comme nous avons mené il y a quelques années le combat pour dire : 'On n’enferme pas un enfant. Point !', nous devons aujourd’hui mener celui pour : 'On ne met pas un enfant à la rue. Point !'"

"Nous ne pouvons pas accueillir toutes les familles, mais nous refusons de rester passifs", insiste House of Compassion, qui espère que, symboliquement, leur démarche poussera les responsables politiques à réagir.

Bannière sur la façade de House of Compassion / Eglise du Béguinage.

↪️ Explication de la bannière : Chaque nuit, des enfants dorment dans la rue à Bruxelles. La ministre Van Bossuyt affirme qu'"ils choisissent eux-mêmes de vivre dans la rue." Mais, pour House of Compassion, ce n’est pas un choix : "C’est la conséquence de décisions politiques qui rendent les enfants sans-abri."

C.L. (avec communiqué de presse)


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