Durant son audience hebdomadaire du 30 janvier, le pape Benoit XVI a poursuivi son enseignement sur le crédo, en mettant notamment l’accent sur « le visage définitif de Dieu » révélé dans son fils Jésus. Il a analysé cette image en s’interrogeant sur les difficiles conditions concrètes d’exercice de la paternité contemporaine.
Devant 5000 pèlerins, le souverain pontife a détaillé « les nombreux facteurs qui peuvent empêcher une relation sereine et constructive entre pères et fils, porter atteinte à la communication, mettre en cause la confiance ». Et de citer les familles décomposées, les difficultés à tenir un équilibre familial, l’invasion croissante des mass médias dans la vie quotidienne, l’emprise du travail, … « Dans ce contexte », a reconnu le pape, « en l’absence de modèles de référence adéquats, il devient problématique d’envisager Dieu comme un père et de s’abandonner à Lui avec confiance ».
Reprenant sa méditation sur le début du crédo – à savoir « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant » - le pape s’est inscrit en faux contre ce qu’il a appelé « une sorte d’omnipotence divine dessinée selon nos schémas mentaux et nos désirs ». Il a expliqué : « Ce Dieu, dit tout-puissant, résoudrait les problèmes, interviendrait pour éviter toutes les difficultés, vaincrait toutes les puissances adverses, changerait le cours des choses et annulerait les douleurs ». Et d’affirmer que tout au contraire, « l’amour patient, la miséricorde, le pardon, la compassion et l’appel continu à la conversion du cœur » sont, à ses yeux, les caractéristiques du « Père tout-puissant », révélé aux hommes par le visage de Jésus. « La puissance de Dieu, manifestée sur la croix, permet de répondre au mal par le bien, aux insultes par le pardon, à la haine meurtrière par l’amour ».
À l’issue de cette audience, en prélude à une rencontre-bilan organisée le 5 février à Rome sur les abus sexuels dans l’Église par l’Université pontificale Grégorienne, le pape s’est vu remettre les actes du symposium international organisé en 2012 à Rome sur ce thème. Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi et le président du comité directeur du Centre de l’Église catholique pour la protection des mineurs, le P. Hans Zollner, tous deux jésuites, ont remis ces documents à Benoît XVI.
Rappelons que début février 2012, un symposium sans précédent, réalisé avec l’appui du Saint-Siège et du pape, avait rassemblé des dizaines d’experts et une soixantaine d’évêques du monde entier à l’Université pontificale grégorienne à Rome, en vue d’approfondir les causes d’abus qui avaient impliqué des milliers de prêtres depuis une cinquantaine d’années. Il s’agissait de faire connaître largement les connaissances psychologiques et les instruments de prévention, ainsi que de trouver des voies de guérison, notamment pour les nombreuses victimes abusées.
La Croix/Observatore Romano/at/jjd

