Pas besoin d’aller loin pour profiter des vacances. Et pas nécessaire d’attendre d’être arrivé quelque part pour commencer à profiter. Cet été, Isabelle Dagneaux, médecin, a adopté un rythme lent. Et elle a fait plein de belles rencontres. Voici son témoignage.
Souvent, l’été, j’ai envie de voir des amis. Souvent, ils sont partis quand je suis là, et je suis partie quand ils sont là… et c’est raté. Cette année, j’ai décidé d’en faire une bonne part de mes vacances. Et de faire du trajet lui-même aussi mes vacances: en prenant le temps de voyager à vélo et en train et de m’arrêter pour visiter ce qui se trouverait proche de mon chemin.
Ce n’est pas la Loire, mais…
J’ai ainsi traversé la Hesbaye, en allant de Gembloux à Huy: j’y ai découvert des châteaux dont je n’avais jamais entendu parler, au détour d’un petit chemin de campagne. Ce n’est pas la Loire, mais ça vaut le coup d’œil, d’autant plus quand c’est bien fleuri.

La collégiale de Huy abrite cet été une exposition de sculptures inspirées par la Passion: j’ai vibré à une inhabituelle rencontre de Jésus et Marie sa mère. Il y a aussi une exposition de statuettes de moines et moinillons (Patri’moine) exceptionnelle et bien humoristique. Enfin, il y a des transats afin de pouvoir contempler le jardin d’Eden peint au plafond (avec en plus des jumelles mises à disposition). Superbe pause culturelle et spirituelle avec mon amie.
L’émerveillement devant le milan
Après 36 heures partagées avec mes amis, j’ai repris la route vers le sud. Le très pratique RAVeL Huy-Ciney m’a fait traverser le Condroz et permis d’observer les changements de relief et de types d’arbres en allant de la vallée mosane à la porte de l’Ardenne: quelle variété de paysages dans notre petit pays! Le train m’a permis de traverser l’Ardenne pour me déposer à Marbehan. De là, j’ai fait une cinquantaine de kilomètres à la découverte d’une partie de la Gaume. Les rapaces y sont plus fréquents et variés que chez moi; je me suis extasiée devant un milan royal planant juste au-dessus de ma tête, et de nombreuses buses aperçues. Les quelques bonnes côtes m’ont permis d’avoir un paysage portant loin le regard: c’est beau et reposant.
La pluie? Une blague!

J’ai visité un site gallo-romain en cours de fouilles avec de bonnes explications, en ayant à peine quitté le réseau points-nœuds. Ce réseau de petits panneaux verts avec des chiffres, encore trop méconnu, permet aux cyclistes de circuler dans tout le pays (et chez nos voisins néerlandais et allemands) par des chemins moins fréquentés, voire réservés à la circulation lente (agricole, pédestre, cycliste). Il suffit d’avoir sa liste de numéros, et c’est parti. Et ne me dites pas qu’il pleut beaucoup, j’ai circulé pendant la quinzaine la plus humide de l’été et n’ai dû m’abriter que durant 1h30 d’orage. Le pantalon pluie n’a pas quitté sa housse et fut un bon oreiller pour les siestes sur l’herbe.
Hurtebise, enfin…
Enfin, je suis partie en retraite à Hurtebise… en train et à vélo: 15 kilomètres à nouveau très bien fléchés depuis la gare de Libramont. Durant la retraite, le vélo m’a permis l’une ou l’autre balade dans un rayon plus large que les promenades pédestres que je connaissais déjà bien et que j’ai refaites avec plaisir. Il est vrai que le rythme de la marche se prête mieux à la prière méditative, mais l’émerveillement et la louange peuvent se vivre à tout instant devant toutes les beautés humaines et naturelles qu’il m’a été donné de voir en circulant… paisiblement, et pas loin de chez moi.
Deo gratias!
Isabelle DAGNEAUX
Titre, chapeau et intertitres sont de la rédaction.
