Claire Brandeleer travaille au Centre Avec, une association d’éducation permanente et œuvre jésuite. Elle accompagne des groupes dans la découverte de l'encyclique du pape François. Un texte qui l'a incitée à prendre des décisions courageuses.
Laudato si’ m’a inspirée et poussée à l’action. Elle m’a donné l’élan et le courage de prendre des décisions ou de confirmer des choix pour poursuivre mon chemin de conversion écologique. Quelques exemples? Devenir membre d’un supermarché coopératif où je travaille trois heures par mois, ne pas posséder de voiture mais utiliser le système Cambio, donner du temps pour des projets qui créent du lien dans l’école de mes filles…
En jeu? Ma propre dignité
Deux passages de l’encyclique continuent de me nourrir particulièrement. D’une part, le paragraphe 160, qui fait de l’écologie intégrale une question de sens de l’existence, et peut toucher chaque personne, chrétienne ou non: “Quand nous nous interrogeons sur le monde que nous voulons laisser, nous parlons surtout de son orientation générale, de son sens […]. Si cette question est posée avec courage, elle nous conduit inexorablement à d’autres interrogations très directes: pour quoi passons-nous en ce monde, pour quoi travaillons-nous et luttons-nous? […] ce qui est en jeu, c’est notre propre dignité […] cela met en crise le sens de notre propre passage sur cette terre.”
Qu’il soit question de ma propre dignité fut une découverte pour moi, qui se dévoile au fur et à mesure du chemin comme une source de motivation. Et qu’il soit question du sens de notre passage sur terre m’engage à prendre soin de ma vie intérieure, mais aussi à prendre part, avec d’autres, à un processus de discernement en commun sur l’avenir de notre maison commune.
D’autre part, comme chrétienne, je suis à chaque fois remise en route par cet appel: “La conversion écologique implique de laisser jaillir toutes les conséquences de [notre] rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui [nous] entoure” (LS 217). Cela m’invite à tourner mon regard vers le Christ, à cultiver une familiarité et une amitié avec lui. Et puis, à laisser jaillir les conséquences de cette amitié – ce qui est tout sauf évident. D’où l’importance de se parler, de s’encourager mutuellement. et pourquoi pas, de s’interpeller fraternellement?
La nécessité du dialogue
Si elle m’a nourrie personnellement, Laudato si’ a aussi fortement irrigué le travail d’éducation permanente que je mène au Centre Avec. L’insistance du pape François sur la nécessité du dialogue est venue soutenir mon engagement professionnel. Avec mes collègues, nous avons à cœur de proposer des temps et des lieux pour dialoguer, pour contribuer, comme nous le pouvons, à bâtir des ponts. Ces dix dernières années, j’ai organisé beaucoup d’activités pour donner à comprendre “qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres” (LS 49). Autant de moments où j’ai pu voir et expérimenter que faire route ensemble sur les chemins de l’écologie intégrale est porteur.
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