Le Comité de Soutien aux Chrétiens d’Orient (CSCO) organise, les 22 et 23 novembre 2024, une représentation du Requiem de Mozart au Collège Saint-Michel à Bruxelles.
Le Liban est au bord du gouffre depuis des années.
Impasse politique
Depuis 75 ans, plus de deux cent mille Palestiniens vivent au pays du Cèdre dans douze camps de réfugiés reconnus ; ils ont fui vers le pays voisin du nord en 1948 - au moment de la Nakba ("désastre") qui a accompagné la création d'Israël - et leur présence a joué un rôle prépondérant dans la guerre civile libanaise (1975-1990).
S'y sont ajoutés, depuis une dizaine d'années, un million et demi de réfugiés syriens. Trois habitants sur dix de ce petit pays sont désormais des réfugiés. Le pays est en faillite, la livre libanaise ne vaut plus rien depuis des années et les banques ne peuvent pas rembourser l'épargne des Libanais.
En outre, l'impasse politique à Beyrouth est totale depuis plus de deux ans : le parlement ne parvient pas à élire un nouveau président - selon l'accord de Taëf de 1989, il doit s'agir d'un chrétien maronite - et, par conséquent, il n'y a pas de gouvernement en état de fonctionner.
Hezbollah
Cette impasse politique a tout à voir avec le mouvement qu'Israël vise également aujourd'hui : le "Parti de Dieu" chiite ou Hezbollah de Hassan Nasrallah, le chef politico-spirituel qui a été tué dans une frappe aérienne israélienne à Beyrouth à la fin du mois de septembre.
Nasrallah a pris la tête du Hezbollah après que son prédécesseur, Abbas al-Musawi, a été abattu par les Israéliens alors qu'il se trouvait avec femme et enfant dans une voiture en 1992. Nasrallah a depuis réussi à transformer certaines parties du Liban multiconfessionnel - en particulier les banlieues de Beyrouth et de grandes parties de la plaine de la Bekaa et du sud du pays - en un véritable Shiistan.
Ses camarades de parti contrôlent le parlement libanais et, jusqu'à ce qu'ils trouvent une marionnette, ils refusent tout candidat à la présidence proposé par les maronites... Il n'y a donc plus de gouvernement fort dans le pays.
Dislocation de la société libanaise
Depuis des années, les milices du Hezbollah bombardent régulièrement le nord d'Israël, rendant la vie impossible dans cette région. C'est indéfendable.
Mais tout comme Israël a réagi de manière totalement disproportionnée à Gaza depuis le raid antisémite du 7 octobre dernier, les dommages collatéraux des frappes aériennes israéliennes sur les positions du Hezbollah au Liban au cours des dernières semaines sont également inacceptables. Et je ne parle pas seulement de l'endommagement du patrimoine, mais surtout de la dislocation accrue de la société libanaise causée par la violence israélienne.
Voici ce qu'il reste de l'église grecque-catholique de #derdghaya près de #Tyr au #liban, après les bombardement #israeliens sur la ville. L'église n'a pas résisté à la puissance de l'explosion et s'est effondrée entièrement ainsi que 2 salles paroissiales abritant des réfugiés.… pic.twitter.com/F6FsornPVm
— L'Œuvre d'Orient (@OeuvredOrient) October 10, 2024
Environ un quart de million de Libanais ont fui le sud du pays vers le nord au cours des dernières semaines. Étant donné que le gouvernement libanais n'est plus en mesure de les accueillir et que ces "déplacés internes" cherchent généralement refuge chez des parents ou des connaissances, personne ne sait exactement combien ils sont. Une catastrophe que personne ne voit !
Les écoles réquisitionnées
Ce sont souvent les communautés chrétiennes du Liban qui hébergent ces compatriotes par le biais de leurs œuvres sociales. Outre les sunnites, les chiites et les druzes, on trouve au Liban des maronites (un quart de la population), des chrétiens grecs-orthodoxes du patriarcat d'Antioche (plus de 300 000), des grecs-catholiques (melkites, quelque 200 000), des chrétiens arméniens (un peu moins de 200 000), des syriens orthodoxes (quelque 50 000), des assyriens, des catholiques chaldéens, etc.
Les principales victimes de ces violences sont les enfants.
Le 1er octobre dernier, le gouvernement du Premier ministre sunnite Najib Mikati a renvoyé les enfants libanais chez eux pour que les écoles puissent ouvrir leurs portes aux réfugiés. "Ici et là, cela se fait sans l'autorisation des religieuses qui dirigent ces écoles", explique Pascal Gollnisch, directeur de l'organisation humanitaire française L'Œuvre d'Orient. "Les religieuses veulent travailler pour les réfugiés, mais on ne peut pas réquisitionner leurs écoles."
Concert de charité à Bruxelles
C'est "pour les enfants du Liban" que le Comité de Soutien aux Chrétiens d’Orient organise un concert caritatif au Collège Saint-Michel à Bruxelles, les vendredi 22 et samedi 23 novembre au soir. Les Chœurs de la Badinerie interpréteront le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart, dans une version pour solistes, chœur et deux pianos.
Une occasion pour le CSCO de réunir les Églises orientales présentes en Belgique avec l'Eglise latine.
Des organisations d'aide importantes, telles que Caritas Internationalis, sont également très préoccupées par la crise humanitaire au Liban. Les équipes de Caritas travaillent sur le terrain au Liban avec des partenaires locaux tels que l'Ordre libanais maronite, l'Ordre antonin maronite et les Sœurs de Sainte Rafka.
Fin octobre, Caritas Internationalis, rejointe par 150 autres ONGs - dont Pax Christi et 11.11.11 - a appelé à Paris à "une action collective urgente pour garantir la paix au Liban, protéger les communautés vulnérables et défendre la dignité humaine".
Benoit LANNOO (via Otheo, traduction CathoBel)
