Toujours pas de nouvel évêque à la tête du diocèse de Namur! En attendant, Mgr Warin prend le temps de relire les cinq dernières années. Des années heureuses, pendant lesquelles de nouvelles responsabilités ont été accordées aux laïcs. La synodalité ne doit toutefois pas assombrir le ministère du prêtre.
C'est à la mi-juin que CathoBel pose ses caméras dans la salle du conseil épiscopal de l'évêché de Namur pour un tête-à-tête avec Pierre Warin. L'homme s'apprête à fêter ses 76 ans. Ce jour-là, l'espoir d'une prochaine désignation d'un successeur est encore vif. "J'accuse parfois la fatigue et j'aspire profondément à être remplacé par quelqu'un de plus jeune", confesse-t-il.
Des années heureuses
"Ces cinq années ont été fondamentalement des années heureuses", s'empresse-t-il d'ajouter. Avant de revenir sur quelques éléments marquants. "J'ai toujours eu une attention particulière pour les prêtres qui souffraient", indique-t-il notamment. Il parle aussi des nombreuses responsabilités confiées aux laïcs. "250 laïcs ont officiellement reçu une mission. Ils s'ajoutent aux 250 prêtres qui ont un ministère à temps plein. C'est dire si le visage de l'Eglise de Namur a changé! Notre Eglise devient davantage plurielle. (...) Tous, nous sommes responsables. Et nous devons aller vers une responsabilité différenciée, comme nous y invite la synodalité." Sur ce chemin synodal, l'évêque est attentif à ne pas oublier... les prêtres! "Ce serait dommageable si l'on passait d'une situation où le prêtre faisait à peu près tout à une situation où le ministère du prêtre s'en trouverait obscurci."
Parmi les laïcs, il y a les femmes. Deux femmes ont rejoint le conseil épiscopal au cours des dernières années. Ne faudrait-il pas aller plus loin? Ordonner des femmes diacres permanentes ou prêtres, serait-ce imaginable? "Ce sont des questions qui dépendent surtout de Rome. Je laisse l'Eglise universelle décider", répond Mgr Warin, prudemment.
Trois chantiers
Bien sûr, tous les chantiers ne sont pas achevés. Mgr Warin identifie en particulier trois chantiers pour l'avenir. "Nos communautés chrétiennes doivent passer de communautés exclusivement consommatrices à des communautés réellement parties prenantes de tout ce qui se vit dans la communauté chrétienne." Un deuxième chantier: offrir une plus grande attention aux conditions de vie des prêtres. "S'ils le désirent, nous devons pouvoir leur offrir une certaine cohabitation." Troisième point: envisager une intégration entre l'assemblée des doyens et le conseil presbytéral du diocèse.
Mgr Warin évoque encore l'avenir. L'homme souhaite se mettre au service, notamment des sans-abris et de son successeur. Il a aussi un projet: faire un voyage sur les traces de Saint Paul, en Grèce et en Turquie.
Qui est Mgr Pierre Warin?
Pierre Warin est né le 15 juin à Rocourt, en province de Liège. Après ses études de philosophie et de théologie à l'Université catholique de Louvain, il est envoyé à Rome, poursuivre sa formation à l'Université pontificale grégorienne. Ordonné prêtre le 23 décembre 1972, il obtient encore un doctorat en théologie en 1980. Ayant la fibre de l'enseignement, il enseigne aux séminaires de Namur et de Liège - il reçoit la présidence de ce dernier en 1994. Quatre ans plus tard, en 1998, il devient chanoine de la cathédrale Saint Paul de Liège. En 2001, il est nommé vicaire épiscopal par le nouvel évêque de Liège, Mgr Aloys Jousten.
C'est en 2004 que Pierre Warin est ordonné évêque. Il est alors nommé évêque auxiliaire pour le diocèse de Namur. "La puissance de Dieu donne toute sa mesure dans la faiblesse": telle est la devise qu'il se choisit. Il va alors collaborer de près avec Mgr André Léonard, puis, à partir de 2010, avec Mgr Rémy Vancottem. En 2019, il succède à ce dernier comme évêque titulaire du diocèse de Namur. Mgr Warin a 75 ans depuis le 15 juin 2023.

