Retrouvez le commentaire de l’évangile du 21e dimanche du Temps Ordinaire B par Brigitte Rigo: « A qui irons-nous ? »


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Retrouvez le commentaire de l’évangile du 21e dimanche du Temps Ordinaire B par Brigitte Rigo: « A qui irons-nous ? »
Sermon de Jésus, Sint-Joriskerk, Anvers.
Par Brigitte RIGO
Publié le
3 min

L'Evangile du jour [Jean 6, 60-69] nous conduit à la synagogue de Capharnaüm. Jésus s'adresse à la foule qui l'accompagne, mais nombreux sont ceux qui lui tournent le dos. Découvrez le commentaire qu'en fait Brigitte Rigo, théologienne spécialisée en études bibliques.

Pas facile de mettre ses pas dans ceux de Jésus! Hier comme aujourd’hui! Jadis, certains ont tourné les talons: les propos du prophète de Nazareth leur paraissaient incompréhensibles, trop exigeants. Aujourd’hui aussi certains s’éloignent, souvent sur la pointe des pieds, ne retrouvant la simplicité évangélique ni dans les formules dogmatiques, ni dans le langage liturgique. Et que dire de certaines recommandations morales formulées par l’institution ecclésiale?

Où en suis-je, moi, aujourd’hui? Le passage du livre de Josué et la page d’évangile invitent à faire le point, nous adressant deux questions très directes. Quelle sera ma réponse?

"Quels dieux voulez-vous servir?" Première question, celle que Josué adresse au peuple au moment de s’établir en Terre Promise. Josué et les siens ont déjà opté: en raison de leur vécu. Ils serviront ce Dieu qui leur a offert la libération et qui les a accompagnés au long de l’Exode. Passage intéressant à plus d’un titre. Notamment parce qu’il invite à opter pour un Dieu soucieux de la vie et de la liberté de qui Lui fait confiance. Ensuite parce qu’il suggère un Dieu qui laisse libre, qui n’impose rien, ne menace point, qui se propose en relation. Qu’en est-il pour moi: envers quel Dieu suis-je prêt à m’engager?

"Voulez-vous partir, vous aussi?" Autre question, celle adressée par Jésus aux Douze lors de la défection de certains disciples. Pierre y répond d’emblée, avec un cri du cœur: "Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle!"

Petite parenthèse pour éclairer ce passage. Vous aurez remarqué la répétition de verbes et des substantifs: ‘vivre’, ‘croire/faire confiance’; ‘esprit/souffle’, ‘vie’. Ils ne sont pas aisés à traduire. En grec, le verbe ‘vivre’ utilisé ici désigne non la vie physique, biologique (‘bioô’), mais une qualité et d’une intensité de vie (‘zaô’). Quant au mot ‘pneuma’ que nous traduisons par esprit, il signifie d’abord le souffle, l’élan qui fait vivre et porte en avant. Le verbe ‘croire’, lui, évoque d’abord la confiance que l’on met en quelqu’un.

Revenons à la réponse de Pierre. Elle jaillit de son expérience: sa rencontre avec Jésus a bouleversé sa vie, lui donnant un souffle nouveau, lui conférant une intensité insoupçonnée. Et moi, que vais-je répondre à la question de Jésus? Ai-je en lui la même confiance que celle dont témoigne Pierre? Ses paroles ne me font-elles pas découvrir une vie qui a saveur d’éternité: chaque fois qu’il y a amour échangé, amitié partagée, pardon demandé et offert, contemplation de la nature, engagement pour plus de solidarité?

Notre Dieu n’est-il pas d’abord question adressé à l’Homme, plutôt que réponse? N’est-il pas avant tout proposition qui fait pleinement droit à l’Humain? Ecoutons sa supplication au livre du Deutéronome (30,15-20): "Je place aujourd’hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, (...) la bénédiction et la malédiction. De grâce, oui de grâce, choisis la vie!"

Brigitte RIGO

Catégorie : Sens et foi

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