Le choix des libraires : Habiter la ville autrement


Partager
Le choix des libraires : Habiter la ville autrement
Par Isabelle Bogaert
Publié le - Modifié le
2 min

Élodie Fiabane nous ouvre les yeux sur les différentes manières d’habiter la ville. Et casse les clichés sur les personnes sans domicile fixe. Un premier roman percutant !

Alors qu’elle connaît une période de chômage qui lui donne "du temps libre et l’envie de participer à la vie publique dont il l’exclut", Élodie Fiabane décide de s’investir dans l’Institution, une association qui effectue des maraudes la nuit dans Paris, pour prodiguer les premiers soins et fournir des biens de première nécessité aux personnes sans domicile fixe.

Chaque chapitre est le récit d’une de ces maraudes. Un trajet en voiture dans les rues de Paris, à la rencontre de l’autre. Avec un œil de cinéaste (métier qu’elle exerce dans la vraie vie), l’auteure compose des tableaux, vivants, dérangeants, qui donnent à voir autrement les lieux qui nous sont familiers: que devient, une fois la nuit tombée, le parc où elle amène son enfant jouer? Qui passent dans ces rues qu’elle emprunte, pressée, tous les jours, une fois qu’elle est rentrée chez elle? Ces scènes bousculent nos certitudes et nous poussent à une remise en question salutaire: que signifie "chez nous"? "Chez nous désigne la ville où nous vivons, Désiré, le chauf, le chef, les bébés de la crèche, les vieux de l’Ehpad et moi. Nous n’habitons pas la ville ensemble, nous l’habitons en même temps, et ces vies séparées forment ce lieu: chez nous".

Dans un climat politique qui pousse au repli sur soi et à la peur de l’autre, Dans la ville nous rappelle la fragilité de nos places et la nécessité de considérer la ville et ses habitants autrement. Tous ses habitants.

Cindy JACQUEMIN,
Librairie UOPC

Elodie Fiabane, Dans la ville. Flammarion, 2024, 176 pages,18 euros. Remise de 5% sur évocation de cet article.

Catégorie : Culture

Dans la même catégorie