L’Odyssée du sacré de Frédéric Lenoir


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Frederic Lenoir ©CathoBel /AT
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Avec L’Odyssée du sacré, le philosophe et sociologue français nous livre une somme philosophique. Déjà auteur d’une cinquantaine de livres, le disciple d'Edgar Morin revisite, cette fois, l’histoire du sacré à travers celle de l’humanité. Frédéric Lenoir revient également sur ses convictions à la fois philosophiques et personnelles.

Emission Il était une foi du 28 janvier 2024. Présentation: Angélique Tasiaux. Production: CathoBel - Diffusion: La Première (RTBF)

"Ceux qui attendaient de Jésus un messie politique ont été déçus", note Frédéric Lenoir. "Jésus n'est pas là pour libérer le peuple juif du joug des Romains, il est là pour libérer l'être humain du péché. C'est le libérer de ce qui l'entrave, des addictions, de ses peurs et ce qui fait qu'il se renferme sur lui-même. Jésus rappelle que la loi est là pour l'amour. C'est d'ailleurs ce qui a causé sa fin car il dit que l'amour est supérieur à la loi."

Dans l'Odyssée du sacré, Frédéric Lenoir avance que Paul est le véritable fondateur du christianisme: "quand on lit les textes, on s'aperçoit que Jésus est né juif et mort juif. Il s'inscrit parfaitement dans un judaïsme qu'il veut réformer, à la suite d'autres prophètes. Paul va aller beaucoup plus loin en disant qu'il faut ouvrir le salut aux païens. Donc à ceux qui ne pratiquent pas la circoncision ou les règles alimentaires. On peut les baptiser et la foi dans le Christ les rendra chrétiens. Avant cela, ce n'était que des judéo-chrétiens. Les chrétiens étaient une secte du judaïsme. Paul dit que la foi dans le Christ permet de s'émanciper des lois religieuses juives."

Frédéric Lenoir porte un regard critique sur l'Eglise qui pendant des siècles a pratiqué "toutes sortes de compromissions avec les pouvoir politiques." "Il y a une tension entre la préservation des intérêts de l'institution et du message évangélique." Il cite le théologien du XIXè, Alfred Loisy: "L'église a la lourde charge d'annoncer un message qui ne cesse de la condamner". "C'est un peu violent et caricatural, reconnaît Frédéric Lenoir, et en même temps il y a une part de vérité. Quand l'Eglise pendant des siècles prêchait la pauvreté alors qu'elle était riche, c'est une contradiction. Lorsqu'elle prêche la non-violence alors qu'elle torturait les hérétiques, c'est une totale contradiction. Evidemment, depuis Vatican II, l'Eglise a beaucoup évolué".

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