Pour la onzième fois, le chef de l'Etat a prononcé son discours de Noël. Il nous invite à regarder la dure réalité de notre monde en face. Mais aussi, à privilégier l'espérance à l'angoisse. Il nous encourage encore à bâtir un monde durable et une société chaleureuse. "Car les deux vont de pair".

C'est un roi manifestement meurtri qui s'exprime. Le déchaînement des guerres ne le laisse pas indifférent. "Ces derniers mois, nous avons été témoins de violences inouïes au Proche-Orient, qui nous touchent au plus profond de notre humanité", indique-t-il notamment, au début de son discours. Comme toujours, le roi manifeste sa compassion pour les victimes. "Nos pensées vont aux nombreuses victimes du terrorisme et d’actes de guerre insupportables", déclare-t-il. La phrase est subtile: elle permet au chef de l'Etat de s'associer autant à la tristesse des familles israéliennes qu'à la détresse des familles palestiniennes.
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Une allusion aux violences sexuelles
Le Roi se réfère également aux actes de violence qui minent la société belge. On sait le Souverain très attaché au vivre-ensemble et à la cohésion sociale. C'est très logiquement qu'il dénonce "la violence due à l'exclusion, à la discrimination, au racisme". Il s'attaque aussi à la "violence verbale, qui passe souvent par l'anonymat de l'internet" et à "la violence intrafamiliale", et "aux violences sexuelles, qui n’épargnent aucun milieu".
Cette dernière allusion n'est pas anodine. Depuis septembre, la diffusion de la série documentaire Godvergeten a remis en lumière le drame des abus sexuels sur mineurs, singulièrement au sein de l'Eglise. On sait que cette série a provoqué un véritable séisme en Flandre. La phrase du roi est subtile: elle permet naturellement de cibler l'Eglise... tout en rappelant qu'elle n'est pas la seule confrontée à ce fléau.
La force de l'espérance
"La violence engendre la peur", estime le roi Philippe. Et s'il nous invite à regarder la réalité en face, il propose aussi de ne pas succomber à l'angoisse. Lui-même estime ainsi que les conclusions de la COP28 sont "enourageantes".
Au-delà, il fait l'éloge d'une "force vitale": la force de l'espérance. A relever: comme le relevait le journal Dimanche de cette semaine, le roi Philippe n'avait encore jamais prononcé le mot "espérance" dans ses précédents discours de Noël. Le Souverain en offre, cette fois, une magnifique définition:
"l'espérance est une énergie que nous puisons au fond de nous-mêmes et qui se manifeste au contact de ceux qui s’engagent concrètement pour un monde meilleur. Et elle grandit encore quand l’on s’engage soi-même."
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Le roi Philippe se réjouit des naissances
A l'aube d'une année électorale, le roi Philippe fait encore l'éloge de "ceux qui croient en la force de la démocratie, en la puissance constructive de la nuance". Il salue tout autant "ceux qui nous apportent les bienfaits de la science, ainsi que des solutions technologiques, notamment pour réaliser la transition énergétique".
L'espérance du roi se nourrit aussi des générations à venir - "[les enfants] qui naissent aujourd'hui, et ceux qui naîtront demain". Une façon, pour le roi, de soutenir une culture de la vie, en même temps, peut-être, qu'un clin d'oeil au sens profond de la fête de Noël.
Au-delà, il invite chaque personne, "au mieux de ses possibilités", à s'engager. Comment? En évoquant la "poursuite du bien commun", "un monde durable" et "une société chaleureuse", le chef de l'Etat donne quelques balises.

