Ils ont en commun leur engagement dans l’Eglise et la passion du cyclisme. Les 1er et 2 mai, une nonantaine d’hommes et de femmes troqueront leurs habits cléricaux pour une tenue adaptée à concourir au Championnat de France cycliste du clergé.

Quand Xavier Ernst, prêtre salésien belge et fan du vélo, a entendu parler du Championnat il s’est empressé d’y participer et – soyons un peu chauvin – a réussi à démontrer que les Belges sont les rois de la petite reine. Vainqueur de l’édition 2017, il a dû ronger son frein pendant le Covid.
Un contre-la-montre et une course en ligne figurent au programme de cette 22e édition du Championnat qui se déroule cette année dans le diocèse de Poitiers, autour de l’abbaye de Ligugé. L’an dernier, 12 salésiens et salésiennes se sont lancés sur les routes d’Ardèche et se sont très bien classés. Cette année, l’équipe de salésiens se limite à 5 coureurs venus de France, d’Ethiopie et de Belgique (Xavier Ernst et Luc Herpoel, un autre prêtre ).
La course est labellisée par la Fédération Française de Cyclisme, avec speaker, podium, motos ouvreuses et itinéraire sécurisé par la gendarmerie. Les curieux pourront se tenir informés des résultats de ce championnat atypique via le compte Instagram de la Famille Salésienne de Don Bosco.

"C’est pour moi une philosophie de vie"
Pour Xavier, le sport est essentiel dans sa vie. "Je ne pratique pas de sport collectif car c’est compliqué à combiner avec mes horaires irréguliers. Le vélo est le sport est le plus collectif des sports individuels. Le cyclisme me permet de me défouler et contribue à mon équilibre vital. Rouler à vélo donne une forme de rythme dans la vie qui permet de s’émerveiller en allant ni trop vite ni trop lentement."
Et si l’on relie l’équilibre à la foi, Xavier relève qu’il y a une spiritualité du cyclisme. Il rappelle la célèbre maxime d’Albert Einstein : "a vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre". Il cite aussi Madeleine Delbrêl, assistante sociale et disciple de Charles de Foucauld, qui a écrit toute une réflexion sur la spiritualité du vélo.
"Allez"… nous dites-vous à tous les tournants de l’Évangile.
Pour être dans votre sens, il faut aller, même quand notre paresse nous supplie de demeurer.
Vous nous avez choisis pour être dans un équilibre étrange,
Un équilibre qui ne peut s’établir et tenir que dans un mouvement, que dans un élan.
Un peu comme un vélo qui ne tient pas debout sans rouler,
un vélo qui reste penché contre un mur
tant qu’on ne l’a pas enfourché pour le faire filer bon train sur la route."
(L’éblouie de Dieu. Les plus beaux textes de Madeleine Delbrêl, Nouvelle Cité, septembre 2019, p. 49-50)
La compétition est un prétexte
Si l’on ne peut nier le plaisir que procure une saine compétition, les 5 frères salésiens participent aussi pour témoigner de l’importance du sport dans la pédagogie salésienne mais aussi de l’interculturalité de la congrégation (plus important ordre religieux catholique au monde, après les jésuites).
"C’est une bonne compétition entre ecclésiastiques. On a beau être chrétien et penser que les premiers seront les derniers, la compétition suscite une forme d’adrénaline mais souligne aussi l’importance de la fraternité."
Même s’il a des chances de se retrouver sur le podium, Xavier n’y va pas pour gagner : "L’important c’est de participer".
Quel est donc le message qu’il souhaite faire passer en participant à ce championnat ? "On n’est pas habitué à voir les gens d’église faire du sport. Or, c’est un moyen de prendre soin de son corps et de soi."
En attendant les J.O.
Ni Xavier Ernst ni aucun sportif du clergé n’ambitionnent de s’inscrire aux Jeux Olympiques qui se dérouleront l’an prochain en France. Par contre, Xavier se réjouit que l’Eglise catholique de France s’y investisse : "c’est super qu’elle ne rate pas le coche !" Avec ses frères salésiens, Xavier sera présent pour animer les mouvements missionnaires qui iront à la rencontre des athlètes et de
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L’esprit du sport ne se vit pas seulement lors des championnats. Les salésiens proposent chaque année des camps d’été à vélo qui permettent le dépassement (*): "Il s’agit d’une itinérance symbolique et spirituelle" relève Xavier. Et il conclut en rappelant que Don Bosco, le fondateur de son ordre, jouait au foot avec les jeunes. "Aimez ce que les jeunes aiment et ils aimeront ce que vous aimez!", encourageait-il.
En Belgique, relève Xavier, l'Eglise compte aussi des fans de cyclisme. Aussi se demande-t-il "A quand un championnat cycliste du clergé en Belgique ?" Rappelons que Cathobel a déjà pris la balle en octobre dernier en organisant un tournoi de foot interdiocésain à l'occasion des JMJ Belgium.
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Nancy GOETHALS
(*) Pour les jeunes de 14-16 ans, Ephata Don Bosco organise, du 8 au 22 juillet 2022, un camp pélé à vélo partant de Liège vers les Îles de la Frise (Pays-Pas) et Düsseldorf (Allemagne). Infos et inscriptions via ce lien
