Cinéma – Le temps apaisant de l’amitié


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Cinéma – Le temps apaisant de l’amitié
Par La rédaction
Publié le
3 min

Dans Les choses simples, un homme d’affaires pressé redécouvre le plaisir de prendre le temps, au contact d’un nouvel ami retiré de la frénésie de notre monde.

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Dans le tournant d’une route déserte, en pleine montagne, un homme relève le nez du capot de sa voiture, manifestement en panne. Un motard passe à ce moment-là, poursuit sa route malgré les signes du premier homme, puis opère un demi-tour. C’est comme ça que font connaissance Pierre et Vincent. A ce moment-là aucun des deux ne sait que cette rencontre sera décisive. Pierre accueille Vincent dans son chalet, à la vue imprenable sur la nature environnante. Ils partagent une omelette en silence puis, quelques heures plus tard, Pierre ramène Vincent à son hôtel.
Vincent reprend alors sa vie, une course effrénée qui navigue entre réunions, interviews et autres meetings importants. Car Vincent est un brillant entrepreneur, une star du monde des nouvelles technologies qui n’a pas le temps de se poser. Cette fois, cependant, Vincent réfléchit, il repense à cet après-midi au calme, coupé du monde. D’un coup, il se décide et retourne vers le chalet demander à Pierre de l’accueillir, un peu plus longtemps cette fois. L’ermite est réticent mais il finit par accepter, à condition d’avoir la paix.

Une déconnexion salvatrice

La suite des Choses simples nous dévoile comment ces deux hommes aux personnalités et modes de vie opposés vont cohabiter. Vous l’aurez compris, l’un est nerveux, toujours pressé, dans le flot continu des news. L’autre est avare de mots et s’est volontairement retiré de la frénésie de notre époque. Le procédé de réunion de deux personnages très différents peut sembler commun mais il est plus subtil qu’il n’y paraît. Les choses simples raconte en effet l’histoire d’une amitié. Chaque homme apporte à l’autre un nouvel éclairage sur sa vie, lui permettant de grandir et d’évoluer. Cette comédie "feel good" compte d’ailleurs beaucoup sur ses personnages, bien campés par deux excellents acteurs: l’éloquent Lambert Wilson (Vincent) et le taciturne Grégory Gadebois (Pierre). Ils incarnent des personnages qui ne se limitent cependant pas à ces archétypes, chacun dévoilant ses contradictions au fil de l’histoire.

Leur rencontre offre aussi l’occasion d’ouvrir une réflexion sur notre société ultra connectée. A force de vouloir aller toujours plus loin, toujours plus vite dans le développement des technologies, certains se perdent. Vincent ne sait plus s’il est heureux ou non. Il n’a pas le temps de penser à son épanouissement intérieur car il est trop préoccupé par l’expansion matérielle. Les sirènes du marketing sont puissantes et il n’est pas toujours aisé de se rendre compte qu’on se perd.
Le film aborde ainsi le paradoxe entre l’envie de faire partie de la société, d’établir des relations sociales avec les autres et le désir d’échapper à ce monde où la consommation est reine. Sans être donneur de leçon, Les choses simples saisit un sujet dans l’air du temps qu’il traite avec bonne humeur. Il invite à ralentir notre rythme de vie, ou du moins à y penser. Et puis, il vaut la peine d’être vu ne serait-ce que pour le cadre, ces sublimes montagnes, véritable écrin de nature sauvage.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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