Cinéma – L’enfant Steven et le cinéaste Spielberg


Partager
Cinéma – L’enfant Steven et le cinéaste Spielberg
Par La rédaction
Publié le
3 min

Avec The Fabelmans, Steven Spielberg nous raconte la naissance de sa passion pour le cinéma à travers une émouvante chronique familiale.

DR

Quand on demande à une assemblée de cinéphiles de citer un réalisateur qu’elle apprécie, un nom revient à coup sûr: celui de Steven Spielberg. Ce sympathique bonhomme aux yeux rieurs fait en effet partie des cinéastes les plus connus de ces quarante dernières années. Tout le monde a vu au moins un de ses films: ET l’extraterrestre, Indiana Jones, Les dents de la mer, Rencontres du 3e type, Jurassic Park, tous ont été de vrais succès. C’est que le réalisateur parvient à créer des récits universels qui parlent à toutes les générations et tous les milieux. Véritable passionné du cinéma, Steven Spielberg crée des images qui restent en tête, compose des scènes inoubliables. Ses films ont une personnalité reconnaissable, mais on en sait finalement peu sur lui.

Son nouveau film, The Fabelmans, vient combler ce vide. Il s’agit en effet d’un récit partiellement autobiographique. Le jeune héros ne s’appelle pas Steven Spielberg mais Sammy Fabelmans. D’autres éléments varient probablement mais ce sont bien les souvenirs de jeunesse du cinéaste qui ont servi de matériau au film.

Comme Steven, Sammy est né dans une famille juive, de deux parents aux centres d’intérêts opposés. D’un côté, il y a son père qui ne jure que par les chiffres et les calculs. De l’autre, sa mère, pianiste portée par l’énergie de la création artistique. Un jour, ils emmènent leur fils voir un film au cinéma. Ce sera la révélation: Sammy veut devenir réalisateur. Il emploie donc ses sœurs pour réaliser de petits courts-métrages, économise son argent de poche pour s’acheter des caméras et tourne, tourne, tourne.

Une innocence intacte

Sa mère l’encourage à emprunter cette voie tandis que son père aimerait plutôt qu’il se concentre sur ses études pour pouvoir décrocher plus tard un "vrai job". Steven Spielberg nous parle donc du tiraillement entre le désir de suivre sa passion et les devoirs plus pragmatiques. Son alter ego n’a que le cinéma en tête, il sera réalisateur et rien d’autre. Un désir égoïste, lui reproche son père qui s’est toujours sacrifié pour que sa famille ne manque de rien. Le cinéma, c’est un loisir, pas un moyen de gagner sa vie.

Heureusement, le jeune Sammy tient bon. Il sait que son petit public apprécie ses films et qu’il est fait pour ça. On sent le regard passionné de Steven Spielberg derrière l’objectif et on comprend mieux pourquoi ses films dégagent souvent ce plaisir enfantin de raconter des histoires. Le réalisateur est resté un grand enfant qui s’amuse avec la caméra.

Malgré tout, la vie de Sammy n’est pas un long fleuve tranquille. Sa maman n’est pas heureuse, son père est souvent absent et l’atmosphère à la maison est tendue. The Fabelmans parle donc de la passion de son auteur pour le cinéma mais il fait aussi le portrait d’une famille qui traverse des épreuves. Comme tous les films de Steven Spielberg, il s’en dégage une tendresse, une forme d’humanité. Il nous fait passer des rires aux larmes. Comme dans la vie. Celle de Steven ou de n’importe quel spectateur.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

Dans la même catégorie