Docteur en sciences des religions, ce passionné du dialogue interreligieux est tombé très tôt dans le piège du fondamentalisme. C’est par des rencontres inspirantes et par l’étude critique des religions qu’il s’en est sorti. Aujourd’hui, avec intelligence et passion, il témoigne de sa foi. Et dénonce le piège d’un islam identitaire.

En octobre dernier, il dialoguait avec Mgr Kockerols à la Chapelle pour l’Europe, à Bruxelles. Quelques semaines plus tard, à Liège, il débattait avec le rabbin de la ville et le cardinal De Kesel. Le 11 mars, il sera l’invité d’une journée organisée par la Commission Interdiocésaine pour les Relations avec l’Islam. Et tous les deux mois, on peut le lire dans Rivages, la revue des Editions jésuites qui "explore des voies nouvelles de spiritualité".
Pleins Feux sur Hicham Abdel Gawad - première diffusion: lundi 20 février 2023 sur 1RCF Belgique
Mais qui est donc Hicham Abdel Gawad, ce musulman convaincu qui a flirté avec le radicalisme avant de devenir apôtre du dialogue interreligieux? Pour comprendre la réflexion de cet homme de 39 ans, il faut nécessairement découvrir le cheminement personnel qui a été le sien…
Pourriez-vous nous raconter d’où vous venez?
J’ai grandi en banlieue parisienne dans une famille très croyante mais pas vraiment pratiquante. Pendant toute une partie de ma vie, Dieu, pour moi, c’était le nom du bien. Mais petit à petit, j’ai découvert le Coran.
Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de le lire?
Dans ma famille, le Coran ne faisait pas partie du quotidien. Je suis tombé dessus un peu par hasard et ce fut pour moi une lecture édifiante, comme un coup de tonnerre existentiel. Je suis entré en contact avec une voie, une autorité directe. Le Coran m’a permis de me décentrer de moi, de me rendre compte que le monde n’était pas une cour de récréation géante. Ce fut donc très formateur. Mais il y eut aussi un aspect négatif, car il faut dire que c’est un texte redoutable. Un texte qui s’adresse à des Arabes du VIIe siècle qui n’avaient pas la même vision du monde qu’aujourd’hui. J’avais 16 ans, et certains passages ont généré en moi, sans doute trop rapidement, la conscience d’une responsabilité, presque une angoisse. Puis, ce qui m’a franchement poussé dans les orties, c’est la lecture d’ouvrages salafistes…
Propos recueillis par Vincent DELCORPS
"Croyants et citoyens, pas si simple ?!": c'est le nom de la prochaine journée d'étude et de rencontre organisée par la Commission Interdiocésaine pour les Relations avec l’Islam (CIRI). Hicham Abdel Gawad y interviendra aux côtés de Brigitte Maréchal. Cette journée aura lieu le samedi 11 mars, à l'Espace Prémontrés de Liège. Inscription obligatoire auprès de : [email protected].
