La condamnation du groupe Pussy Riot suscite de vives réactions


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La condamnation du groupe Pussy Riot suscite de vives réactions
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Deux ans de réclusion dans un camp d’internement, tel est le verdict de la justice russe à l’encontre du groupe punk « Pussy Riot ». La condamnation des trois jeunes filles qui avaient organisé une « prière punk » dans la cathédrale de Moscou suscite de nombreuses réactions, en Russie et à l’étranger.

En ligne de mire de ces critiques sur le verdict : le Kremlin. De fait, dans leur parodie de prière, les jeunes femmes du groupe demandaient à la Vierge Marie de « débarrasser la Russie de Poutine ». De là à imaginer que le président russe ou son entourage ont fait pression sur les juges, il n’y a qu’un pas que d’aucun ont franchi. De son côté, le gouvernement russe a rejeté indirectement les accusations occidentales après la condamnation des "Pussy Riot". Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré à l’agence Ria Novosti que « le code pénal allemand prévoyait aussi des peines allant jusqu’à trois ans de prison pour des atteintes à des églises et que le droit autrichien faisait de même avec des peines allant jusqu’à six mois de prison ». Une réponse qui n’en est pas une.

L’Eglise orthodoxe russe est aussi dans le collimateur, pour ses relations jugées trop proches du pouvoir. Elle a toutefois demandé aux autorités la « clémence dans le cadre de la loi » pour les trois femmes condamnées. Le Conseil supérieur de l’Eglise, présidé par le patriarche de Moscou Cyrille Ier, a indiqué que « l’appréciation juridique de la peine était en dehors de la compétence des autorités ecclésiales ». Il a rappelé aussi que l’irruption des "Pussy Riot" dans la cathédrale du Christ-Sauveur était un « péché grave » qui avait offensé des millions de croyants.

Par ailleurs, un groupe de trois sympathisants masqués a interrompu la messe dimanche matin 19 août 2012 dans la cathédrale de Cologne, en Allemagne, en guise de protestation. Elles se sont dirigées vers l’autel au début de la prière eucharistique et interrompu la célébration par leurs gestes et leurs paroles. L’évêque auxiliaire Mgr Heiner Koch, qui présidait la célébration, est resté à l’autel durant tout l’incident et a repris ensuite la célébration en indiquant qu’il portait « dans sa prière ces personnes et les personnes condamnées en Russie ».

Enfin, signalons que, selon un de leurs avocats, les trois jeunes femmes ne déposeront pas de demande en grâce présidentielle.

Avec Apic

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