A Prague, la phase continentale européenne du synode sur la synodalité se poursuit. Depuis l'ouverture de la rencontre, ce dimanche 5 février, les délégués des 39 conférences épiscopales d'Europe interviennent en séance plénière pour présenter leur vision respective des défis de l'Eglise aujourd'hui. Echos des travaux en cours.

200 délégués des conférences épiscopales d'Europe sont réunis à Prague du 5 au 12 février, dans le cadre de l'étape continentale du synode sur la synodalité. Leur objectif : chercher des voies pour rendre l'Église plus ouverte et participative. Recueillant les fruits de la phase diocésaine du synode, leurs travaux visent à préparer des propositions pour la prochaine phase à Rome, qui réunira les évêques en octobre 2023 et fin 2024.
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La rencontre de Prague se déroule en deux temps: du 6 au 10 février, les délégations se réunissent et et interviennent en séance plénière pour esquisser les défis du Synode; du 11 au 12 février, les 39 présidents des délégations se réuniront pour préparer une synthèse à envoyer, d’ici mars, au secrétariat général du Synode, avec toutes les autres synthèses continentales. Un document final synthétisant les réunions et interventions des premiers jours est cependant déjà attendu pour ce jeudi 9 février.

Outre le cardinal Jozef De Kesel, la délégation belge est composée de Jola Mrozowska, pour la Wallonie, Geert De Cubber pour la Flandre Nathalie Beurrier pour l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles
Une grande diversité
Depuis le mardi 6 février, les délégations se sont succédé en séance plénière pour esquisser leurs visions respective de l'Eglise. Ce qui ressort des interventions est la grande diversité d'approche quant aux enjeux et défis que rencontre aujourd'hui l'Eglise catholique sur le continent européen. De fait, les situations peuvent varier selon les contrées.
Autour de la Méditerranée, l'Eglise catholique occupe encore une place relativement importante dans la société, tandis qu'en Europe du Nord et de l'Ouest, la sécularisation a profondément changé le rapport des citoyens à l'Eglise et à la foi chrétienne. En Europe de l'Est, la sécularisation est assez forte, mais après une période de communisme, ce qui donne à l'Eglise le sentiment d'être passée d'un contexte hostile (politique) à un autre (social).
Florilège des interventions
Le 6 février, le cardinal De Kesel a présenté des échos du processus synodal en Belgique. Il a également également donné son avis sur les défis que la société contemporaine pose à l'Eglise. Sur notre continent, a-t-il insisté, l'Eglise est partout confrontée à la sécularisation il ne reste pratiquement plus de sociétés chrétiennes homogènes, semble-t-il.
"Nous avons beaucoup à offrir, mais nous avons aussi beaucoup à recevoir de ce monde sécularisé", a également souligné le cardinal, ainsi que le grand désir de réforme qu'il observe parmi le chrétiens. Il a aussi tenu à mettre en garde les chrétiens contre un trop grand repli sur soi. "Nous ne devons pas tant nous adapter aux temps modernes, mais essayer de comprendre ce que le Seigneur nous demande et comprendre les signes des temps", a-t-il encore indiqué.
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Le même jour, les délégations française et allemande se sont également exprimées, en commençant toutes deux par rappeler le scandale des abus sexuels, qui contraignent l'Eglise à une grande humilité et à la repentance. Le président des évêques allemands, Mgr Georg Bätzing, a ensuite indiqué: "Nous sommes ici pour écouter et partager notre expérience, et pour parcourir un chemin commun avec tout le monde."
Il a également cité le document préparatoire selon lequel il existe une grande demande dans toute l'Eglise pour une plus grande participation des femmes.
Selon l'évêque de Limburg, les fidèles veulent avoir voix au chapitre, tandis que s'exprime également le souhait d'examiner à nouveaux frais les conditions d'accès à la prêtrise. Une plus grande ouverture est également attendue à l'égard des personnes dont le style de vie n'est pas en accord avec le catéchisme, telles que les personnes LGBTQI+, a-t-il encore indiqué.
Mardi 7 février, la délégation irlandaise a également pointé le désir d'une Eglise plus inclusive et plus accueillante. "La coresponsabilité de tous les baptisés doit donc être reconnue et mise en pratique pour vaincre le cléricalisme et assurer la participation pleine et égale des femmes à tous les aspects de la vie de l'Église, du ministère et de la prise de décision." De son côté la délégation hongroise a fortement insisté sur l'importance de la famille et du mariage entre mari et femme, qui est ouvert à la vie, et du ministère ordonné. "L'église n'est pas un instrument, mais un signe de salut", a-t-elle déclaré.
Christophe Herinckx, avec kerknet.be
