Cinéma – La danse dans la peau


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Cinéma – La danse dans la peau
Par La rédaction
Publié le
3 min

Neneh superstar est une agréable fable familiale qui parle d’intégration à travers le parcours d’une jeune ballerine noire à l’école de l’Opéra de Paris.

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Le monde de la danse classique évoque l’élégance, la précision mais aussi la rigueur, le travail, les sacrifices. Les danseuses et danseurs vivent au quotidien dans le respect de la tradition, des règles et gestes transmis à travers les époques. Le film de cette semaine, Neneh superstar, vient secouer cet univers en plantant son décor dans une institution mythique qui incarne la danse classique: l’Opéra national de Paris. Des jeunes filles en tutu, chignon étroitement serré sur la tête, y passent le test d’entrée pour intégrer l’école de danse. Parmi ces gamines bien apprêtées, on distingue une petite tête aux cheveux crépus et à la peau d’ébène, Neneh, douze ans et la langue déjà bien pendue. Rien ne la destinait à devenir danseuse étoile, elle qui grandit en banlieue, dans une famille d’origine modeste. Pourtant, Neneh rêve du Lac des cygnes et de Casse-Noisette plus que de hip hop. Elle est douée et a sa place dans une école de danse classique. Malgré les réticences de la directrice, elle est acceptée et intègre donc la prestigieuse école de ballet de l’Opéra de Paris.

Evidemment, le plus dur reste à faire. Car les mentalités dans ce genre d’institution restent encore très fermées. Neneh risquerait d’avoir "trop de formes" en grandissant, elle ne posséderait pas les codes pour se conformer à la rigueur de cet enseignement. Les critiques pleuvent et plusieurs professeurs, notamment la directrice, sont persuadés qu’elle ne fera pas long feu. Pourtant, la petite fille s’accroche, redouble d’efforts, même si, effectivement, son franc-parler ne colle pas toujours à l’image guindée de l’institution.

Bosseuse, avec un grain de folie

Le parcours de Neneh à l’école de l’Opéra de Paris permet au réalisateur, Ramzi Ben Sliman, de nous parler d’intégration de façon assez subtile. Il évite en effet habilement la caricature dans laquelle certains tombent parfois quand ils traitent ces sujets dans un film qu’on peut qualifier de "grand public". Tous les professeurs de l’Opéra de Paris ne sont pas des racistes qui refusent catégoriquement la venue d’une petite fille noire dans les rangs de l’école. Le réalisateur retranscrit bien le décalage, la difficulté pour certains d’évoluer, de laisser de côté des habitudes et règlements auxquels ils sont attachés. Il montre aussi une institution qui tente de concilier les traditions avec le changement. Sans aucun lien avec sa couleur de peau, Neneh est une petite fille espiègle, qui éprouve parfois des difficultés à respecter la discipline de fer imposée par l’école. Elle est bosseuse, mais avec ce petit grain de folie qui pourrait apporter de la modernité à l’Opéra.

Neneh superstar est donc une fable familiale, qui traite de questions sérieuses mais avec légèreté. La jeune fille est victime d’injustices mais elle ne se laisse pas faire. Elle a sa place parmi les recrues et a droit à sa chance, comme n’importe qui. C’est donc un film accessible, tout en étant assez riche, tantôt révoltant, tantôt drôle ou émouvant. Une belle surprise!

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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