Fêté autour du 17 janvier, Saint Antoine le grand est célébré dans de nombreux villages flamands. Le ministre flamand de la Culture, Jan Jambon, vient d'inclure ces célébrations comme patrimoine immatériel.

(c) CC BY-NC-SA 2.0 Jean-Louis Mazières
Saint Antoine d'Egypte (251-356, aussi appelé Antoine le Grand) est fêté dans 50 à 60 lieux en Flandre. La tradition se perpétue à Geel-Bel (Geel), Edegem, Wolfsdonk (Aarschot), Oosthoven (Oud-Turnhout), Herdersem (Alost), Houtem (Vilvoorde), Rotselaar et Wever (Glabbeek), entre autres.
C'est souvent une manifestation populaire et colorée avec cortège, parfois avec des cochons vivants, bénédiction des produits carnés, à l'abri des objets sacrificiels comme la traditionnelle tête de cochon, action contre la pauvreté, bal du village, dîner, foire, etc.
Ne cédons pas à la tristesse comme si nous périssions. Confiance et joie, nous sommes sauvés!
St Antoine l'Ermite (qui a vécu entre 251 et 356)
Pas de subvention, mais une reconnaissance intangible
Le ministre flamand de la culture Jan Jambon a annoncé le 17 janvier 2023 qu'il inscrirait les fêtes de Saint-Antoine à l' Inventaire flamand du patrimoine culturel immatériel. "Malheureusement, il n'y a pas de subvention associée à la reconnaissance, précise Julie Aerts , qui a co-encadré le dossier de reconnaissance pour PARCUM, mais c'est la cerise sur le gâteau d'un long processus. Nous avons réuni les associations organisatrices et bénévoles dans un réseau qui soutient l'avenir de la tradition. Le ministre a maintenant apprécié cela positivement."

Selon l'interlocutrice du centre d'expertise pour l'art et la culture religieuse en Flandre, les avantages de la reconnaissance résident principalement dans la "visibilité des célébrations auprès du grand public", la possibilité de "démontrer leur importance auprès des jeunes et des collectivités locales, la reconnaissance et l'appréciation des nombreux bénévoles locaux, le soutien des associations organisatrices avec, par exemple, des formations", et enfin la recherche commune "des solutions aux défis".
Futur incertain
Selon Mme Aerts, les comités d'organisation font face à des défis similaires :
- trouver de nouveaux bénévoles pour les personnes âgées qui décrochent,
- atteindre plus de jeunes
- trouver un sens dans une société laïque…
"Si vous protégez une tradition, vous la mettez sous cloche. Le formulaire est alors fixé pour l'avenir et rien n'est autorisé à changer. Nous voyons plus d'avenir dans la "sauvegarde" des traditions. Nous recherchons ensuite de manière créative une interprétation dynamique et contemporaine de la célébration."
Par exemple, il y a une procession qui a remplacé les animaux vivants par un cochon en polyester dans un souci de bien-être animal. Ailleurs, les produits carnés ont été remplacés par du massepain sous l'influence de la sensibilité à la surconsommation de viande.
(d'après Kerknet)
