Samedi 31 décembre, jour du décès de Benoît XVI, la chaîne belge d'information continue LN 24 a consacré une édition spéciale à et son pontificat. Plusieurs intervenants ont analysé la vie et l'oeuvre de ce grand théologien du XXe siècle, devenu "gardien de la foi" puis élu pape en 2005. Vincent Delcorps et Christophe Herinckx ont partagé leur expertise au nom de CathoBel.

Souvent mal compris du grand public - y compris catholique - et des médias, Benoît XVI aura néanmoins marqué l'histoire de l'Eglise, mais également du monde, par la profondeur, la clarté et et la précision de sa pensée théologique. Elu pape en 2005, celui qui fut d'abord Joseph Ratzinger commença effectivement son parcours prêtre en tant que professeur de théologie dans différentes universités d'Allemagne, puis comme jeune expert au Concile Vatican II (1963-65). Après un passage de cinq ans à la tête du diocèse de Münich, il devint préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le théologien réformateur à l'extraordinaire culture chrétienne prit alors le visage de "gardien" intransigeant du dogme, alors que l'application de Vatican II prenaît quelques libertés avec la lettre du concile...
Son pontificat fut, quant à lui, marqué par quelques grands documents, dont sa première encyclique, Deus caritas est '"Dieu est amour", une volonté de montrer la beauté et la cohérence de la foi catholique face au relativisme ambiant, et quelques positions sur le VIH ou l'islam qui créèrent la polémique. Il renonça à sa charge d'évêque de Rome le 28 février 2013, après moins de 8 ans de pintificat, ne se sentant plus la force d'affronter les défis auxquels l'Eglise était confrontée.
C'est à l'analyse de ces différentes questions que, ce samedi 31 décembre, quelques heures après le décès du pape émérite, consacrée une édition spéciale. Pour analyser la vie, l'oeuvre et le pontificat de Benoît XVI, plusieurs experts sont intervenus en plateau ou à distance : le père Tommy Scholtes, porte-parole francophone des évêques de Belgique; le chanoine Eric de Beukelaer, vicaire général du diocèse de Liège, Christian Laporte, ancien journaliste à La Libre Belgique, spécialisé en questions religieuses, Bosco d'Otreppe, actuel responsable de l'actualité religieuse à La Libre, et enfin Vincent Delcorps et Christophe Herinckx, respectivement directeur de la rédaction et théologien de CathoBel.
Le "renouveau dans la continuité"
Livrant ses premières impressions à la suite du décès de Benoît XVI, Vincent Delcorps a souligné que son départ était, d'une certaine manière, un "non événement", puis qu'il n'était plus pape depuis 2013. mais que, d'un autre côté, "l'attention et l'intérêt que suscite ce décès montre la place que l'Eglise cathoçlique continue d'avoir dans notre société."
Revenant sur certaines prises de position de Joseph Ratzinger en tant que théologien, Christophe Herinckx a indiqué que, "lors du concile Vatican II, le jeune théologien Ratzinger était considéré comme un réformateur. il a d'ailleurs soutenu toutes les réformes de Vatican II, à commencer par celle sur la liturgie". Mais, face à ce qu'il a estimé êtres des dérives dans l'application du concile, Joseph Ratzinger a pris un tournant davantage conservateur, au sens où "pour lui, dans l'Eglise, tout renouveau se fait dans la continuité de la Tradition, et non dans la rupture avec celle-ci".
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