Ce 4 décembre, l'émission "C'est pas tous les jours dimanche", sur RTL-TVI, est revenue sur la baisse de la pratique dominicale dans notre pays. Selon le dernier rapport de l'Eglise en Belgique, la participation à l'eucharistie du dimanche s'élèverait aujourd'hui à 2,5% de la population. Pour Mgr Jean Kockerols, les chiffres inquiétants n'annoncent cependant pas la mort de l'Eglise.
"Belgique: la fin de l'Eglise catholique ?" Telle était la question choc posée par l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" ce 4 décembre. Se basant sur le dernier rapport de l'Eglise catholique en Belgique, paru mercredi dernier, la journaliste Audrey Leunens relève des chiffres inquiétants: en 2021, seul un Belge sur 40 - soit 2,5 % de la population - a fréquenté l'eucharistie dominicale, tandis qu'une personne sur dix s'est mariée à l'église. La proportion des baptêmes s'élève quant à lui à trois sur dix, et celle des funérailles catholiques à quatre sur dix.

Bientôt 0% ? "Je réponds clairement non"
Face à ces chiffres, le présentateur de l'émission, Christophe Deborsu, a posé la question à Mgr Jean Kockerols : va-t-on vers 0% de pratique? "Je réponds clairement non", a réagi l'évêque auxiliaire pour Bruxelles, en expliquant que l'on est toujours en train de quitter "une époque de chrétienté qui a duré plusieurs siècles, une époque ou tout le monde était plus ou moins catholique, plus ou moins pratiquant" et qu'aujourd'hui, "on passe à un christianisme où on adhère volontairement à une foi, et on la pratique d'une façon ou d'une autre, parfois en étant à l'église chaque dimanche, parfois quelques dimanches, parfois pas du tout."
Sans minimiser la portée des chiffres, Mgr Kockerols a néanmoins tenu à les mettre en perspective. "Si on manie uniquement les chiffres pour évaluer la vitalité de l’église, on peut se poser pas mal de questions, les évêques et les prêtres sont inquiets…", a-t-il indiqué, tout en ajoutant : "Il y a des réalités à géométries variables… à Bruxelles cette ’chute’ n’est pas vertigineuse puisque les pratiquants à Bruxelles viennent de partout, hors de Bruxelles et hors de l’Europe, nous avons une communauté très vivante".
Certaines églises demeurent très fréquentées
Egalement sur le plateau, le journaliste Christophe Giltay, commentateur régulier des messes de minuit, a également estimé qu'on "n'arrivera pas à 0%", tout en rappelant "qu'il y a 1,3 milliards de catholiques sur terre" et en soulignant que, dans d'autres régions du monde, les communautés catholiques se portent bien. Il a également relevé que, dans le contexte de sécularisation qui est le nôtre depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, "on a une espèce de resserrement des catholiques autour de leurs valeurs" et que, malgré tout, certaines églises connaissent une affluence importante de fidèles, citant en exemple l'église Saint-Michel à Bruxelles, qui "est pleine tous les dimanches". Le journaliste a encore souligné que quatre funérailles sur dix sont toujours célébrées dans une église, et qu'aujourd'hui, le baptême ou le mariage exigent une préparation qui n'était jadis pas de mise.
Une église "trop dans le jugement"
Au cours de l'émission, l'organiste de renommée internationale Serge Schoonbroodt, 51 ans, a témoigné de son apostasie (sic) en 2019. Il a expliqué pourquoi il a voulu être rayé des registres de baptême: "Je ne me reconnais pas trop dans cette communauté. Pour moi, l’église catholique est trop dans le jugement des gens, trop dans la condamnation des gens alors qu’elle aurait dû être plus dans le rassemblement, dans prôner l’amour", regrette-il. "On donne trop la morale aux gens alors qu’on n'est pas forcément un exemple…" Serge Schoonbroodt a tout de même précisé que ce n’est pas en Dieu qu’il ne croit plus, mais en l’Eglise catholique. Celle d’aujourd’hui dont il "ne se sent pas proche", notamment pour des raisons très personnelles. "Je suis homosexuel et l’église aurait dû accepter de bénir les mariages homosexuels depuis longtemps…"
Invité à réagir à ce témoignage, Mgr Kockerols a déclaré : "Je regrette vivement vos motifs. Je crois que l'Eglise a peut-être mis beaucoup de temps à réfléchir à certaines questions, et effectivement a longtemps jugé et condamné. Mais l'Eglise du pape François est en train de changer".
Faut-il fermer des églises ?
Dernier abordé dans l'émission: celui de l'avenir des églises désertées par les fidèles. Faut-il fermer des églises? A cette question, Christophe Colignon, ministre wallon des Pouvoirs locaux, a répondu qu'il fallait pouvoir adapter la législation et le financement des cultes aux réalités, mais que des décisions de réaffectations, totales ou partielles, de certaines églises, devaient être prises en concertation avec les évêques belges. A Bruxelles, cette concertation existe depuis une dizaine d'années, a indiqué Jean Kockerols .
Christophe HERINCKX, avec rtl.be
Pour en savoir plus sur l'état des lieux de l'Eglise en Belgique, le rapport 2022 peut être consulté ici.
Les rapports de l'Eglise des années 2018-2021 peuvent être téléchargés ici.
