Visite ad limina: en 2003, « les évêques belges avaient accusé le coup »


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Visite ad limina: en 2003, « les évêques belges avaient accusé le coup »
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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La semaine prochaine, les évêques de Belgique seront en visite ad limina au Vatican. C'est l'occasion de se replonger dans les archives. En 2003, c'est Jean-Paul II que les Belges avaient rencontré. Guy Harpigny, l'évêque de Tournai, était déjà de la partie. Il nous partage ses souvenirs.

J’ai été nommé évêque de Tournai le 22 mai 2003. La visite ad limina de 2003 était programmée du 17 au 22 novembre. Je n’ai pas dû faire de rapport du diocèse de Tournai.

La rencontre la plus intéressante

J’ai participé en allant, avec tous les évêques ou avec quelques évêques, dans chacun des dicastères. La rencontre la plus intéressante avait lieu à la Doctrine de la Foi, un dicastère dont le Préfet était le Cardinal Joseph Ratzinger. L’entretien, très libre, abordait déjà le manque de prêtres pour assurer la liturgie dominicale dans toutes les paroisses ; une discussion très sérieuse abordait la manière dont l’Eglise avait à se situer dans une société sécularisée. Le gouvernement Verhofstadt avait encouragé le Parlement à voter une loi dépénalisant l’euthanasie et à officialiser les couples de personnes de même sexe. Tous les entretiens dans les dicastères se déroulaient en français.

La rencontre personnelle – seul à seul en français – avec le pape Jean-Paul II était émouvante. Le pape, très fragilisé par la maladie de Parkinson, ne parlait presque pas. L’entretien a duré dix minutes. Finalement, j’ai parlé presque seul pour manifester au pape que le diocèse de Tournai priait beaucoup pour lui. Le pape m’a demandé combien de séminaristes le diocèse comptait. La réponse : deux. La photo prise à ce moment-là me montre en présentant deux doigts de la main droite.

En 2003, c'est un pape déjà fort affaibli que rencontre Mgr Harpigny ©DR

Outre la rencontre personnelle de chaque « diocèse » (l’évêque diocésain avec les évêques auxiliaires, s’il y en a), les évêques participent « ensemble » à une rencontre avec le pape.

La vision négative de Jean-Paul II

La rencontre de tous les évêques avec le pape a été difficile. En effet, après l’allocution du Cardinal Godfried Danneels (en français), le pape a remis un texte qu’il n’a pas lu. Il en était incapable. Le message du pape répondait à l’allocution du Cardinal, saluait les nouveaux évêques nommés en Belgique depuis la dernière visite ad limina en 1997 (NN.SS. Jousten, De Kesel, Harpigny), et continuait par la situation particulièrement préoccupante de la Belgique à propos de la pratique religieuse (célébrations dominicales, baptême, réconciliation, mariage). La crise persistante des vocations, la diminution importante du nombre de prêtres sont des sujets à bien analyser. De manière positive, le pape encourageait la participation des fidèles laïcs à la mission de l’Eglise. Cependant, il ne fallait pas oublier la distinction entre le sacerdoce baptismal et le sacerdoce ministériel. Le texte du pape revenait sur la sécularisation, les nouvelles lois du Parlement belge, l’éducation des jeunes et la nouvelle évangélisation. Les évêques ont accusé le coup. La vision que le pape avait de la Belgique était vraiment négative.

Catégorie : Eglise Belgique

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