Natasha St-Pier – Le trait d’union entre Thérèse et Jeanne


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Natasha St-Pier – Le trait d’union entre Thérèse et Jeanne
Par Marie Stas
Publié le - Modifié le
5 min

A l’occasion de son nouvel album, sorti en septembre, la chanteuse canadienne Natasha St-Pier entame une tournée dans plusieurs édifices religieux de Belgique. Une aventure musicale et spirituelle qui retrace, en douze chansons, la vie de Jeanne d’Arc.

© CathoBel

Après deux albums consacrés à sainte Thérèse de Lisieux, Natasha St-Pier rend hommage cette fois-ci à Jeanne d’Arc, figure historique et religieuse du XVe siècle. Surnommée la Pucelle d’Orléans, elle est notamment connue pour avoir aidé Charles VII à devenir roi de France. "Je souhaitais raconter son histoire mais pas celle que l’on peut apprendre à l’école", explique la chanteuse.

Entre récital et pièce de théâtre

C’est donc en mélangeant un récital et une pièce de théâtre que Natasha St-Pier propose de découvrir une histoire plus humaine. "Ce qui est incroyable c’est de voir les similitudes entre Thérèse de Lisieux et Jeanne d’Arc", avoue-t-elle. "J’ai réalisé que même en tant qu’héroïnes, elles ont connu des moments de faiblesse, de doute, de peur… et que malgré tout, elles se sont toujours relevées". A l’époque, Jeanne d’Arc a bravé tous les interdits en montant sur un cheval pour aller voir le roi et lui demander une armée. Quant à Thérèse de Lisieux, elle a osé dire aux hommes de l’Eglise qu’il n’y avait pas besoin de faire de grands miracles pour que Dieu nous aime, qu’il fallait seulement faire des actes quotidiens comme le pardon, la générosité et la tolérance. Pour Natasha St-Pier, les femmes sont des êtres humains comme les autres et ce spectacle aide à comprendre que malgré tout ce que la vie peut nous faire endurer, la foi est toujours là pour nous aider.


"Mon but était de mettre en lumière et en musique le lien qui existait entre ces deux femmes"
, et pour ce faire, Natasha St-Pier a décidé de retravailler deux pièces de Thérèse de Lisieux en les adaptant en musique. "J’ai appelé plusieurs auteurs français pour leur lancer un challenge quelque peu incroyable", explique-t-elle. Ce défi consistait à écrire une chanson, tout en intercalant des bouts de la pièce de théâtre dedans. "Peu importe si c’était une phrase, un refrain ou l’ensemble de la pièce. Je souhaitais voir ce qu’ils allaient me proposer." Finalement, ce sont deux compositeurs français qui ont été retenus: Lionel Florence et Jacques Veneruso. Le premier, qui avait déjà écrit pour la chanteuse, lui a ainsi proposé ce passage: "Que l’on porte une armure, ou prie derrière des murs / Que l’on prenne les armes, ou qu’à peine on murmure / C’est en elles / Que l’on défie les hommes, ou ne s’adresse qu’à Dieu / Qu’on se batte jusqu’aux larmes, ou ferme juste les yeux / C’est en elles". Une chanson que l’on peut retrouver sous le titre de Elles ont en elles sur ce dernier album, et qui témoigne du lien proche qu’avait Thérèse de Lisieux avec Jeanne d’Arc. Et contre toute attente, Natasha St-Pier s’est également prêtée au jeu de l’écriture. Une première pour la chanteuse de 41 ans qui n’avait encore jamais pris elle-même la plume. "Ça fait peur d’écrire et d’oser montrer son jardin secret."

Transformer son agacement en compassion

Elevée dans une famille catholique, avec une mère infirmière devenue directrice d’une maison de retraite et un père professeur dans une prison pour mineurs, Natasha St-Pier a toujours vécu dans une atmosphère baignée d’humanité: "Ma mère m’a appris la compassion et la générosité; quant à mon père, il m’a appris à voir les gens non pas par ce qu’ils ont commis mais par ce qu’ils sont." Des valeurs que la chanteuse souhaite désormais inculquer à son enfant de sept ans, Bixente.
Quant à sa spiritualité, Natasha St-Pier pense que c’est quelque chose de tous les instants. "Je n’ai pas envie d’associer ma spiritualité à un moment précis, comme le jour où je vais à l’église", explique-t-elle. En guise d’exemple, la petite voix de Thérèse de Lisieux: "Un jour elle était à l’église pour prier, elle raconte qu’il y avait cette femme âgée à côté d’elle qui toussait et faisait du bruit, ça la dérangeait beaucoup. Mais elle a réussi à transformer son agacement en compassion." Un amour constant que la chanteuse applique dans sa vie de tous les jours.
C’est également grâce aux enseignements de la philosophie du yoga qu’elle apprend à vivre le moment présent. Elle explique que vivre dans le passé engendre d’office de la tristesse, de la nostalgie. Vivre dans le futur nous fera peur. La solution réside dans l’instant présent qui est la seule manière, selon elle, d’être heureux. "Appliquer cela est aussi une forme de spiritualité qui aide à construire un bonheur à long terme."

Marie STAS

Quatre concerts en Belgique

Pour faire découvrir son nouvel album, la chanteuse canadienne se produira dans quatre édifices religieux de Belgique. Ce qui n’est pas une première pour la chanteuse canadienne. Son premier concert dans une église avait été une expérience très enrichissante pour elle. "Les gens ont une écoute différente dans ces lieux." Ils font plus attention aux textes, ils se sentent plus apaisés et le message qu’elle souhaite faire passer semble avoir plus d’impact que dans une salle de spectacle ordinaire. "Ce que j’aime par dessus tout c’est la proximité avec le public, sans oublier l’acoustique et les lumières." Que ce soit le jour ou la nuit, Natasha St-Pier explique que les vitraux et l’architecture apportent une ambiance particulière.

Le 24/11 à l’église Saint-Julienne à Verviers,
le 25/11 à l’église Saint-Etienne à Avin,
le 26/11 aux sanctuaires de Beauraing,
le 27/11 à la collégiale Saint-Nicolas du côté de Ciney.

Catégorie : Culture

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