Venite adoremus: 11 jours et 11 nuits de prière


Partager
Venite adoremus: 11 jours et 11 nuits de prière
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
3 min

Du jeudi 10 au dimanche 20 novembre, les temps d'adoration vont se multiplier dans les églises de Belgique. Les chrétiens s'activent pour préparer le festival Venite adoremus. En s'adaptant aux circonstances.

Toute la lumière est focalisée sur le Saint Sacrement, au cœur de la prière (c) Venite adoremus

Même si les jours raccourcissent de plus en plus, c'est aussi le moment où, à travers la Belgique, les chrétiens se mobilisent pour ouvrir l'église en fin de journée ou très tôt le matin. A quoi servent tous ces efforts? Hommes et femmes, enfants et pensionnés font le choix de prendre une ou deux heures en cœur à cœur avec Dieu.

Cette démarche d'adoration eucharistique "ne fait pas de bruit", comme le souligne Stephan Juncker qui s'en occupe dans les paroisses de Verviers. De nombreux lieux l'organisent tout au long de l'année, chaque semaine ou même une fois par mois. Mais depuis 2017, ces églises et chapelles sont invitées à participer à une espèce de relais de prière dans les jours qui précèdent la Fête-Dieu.

Enfants et moins jeunes prennent le temps, comme ici chez les Salésiennes de Louvain-la-Neuve, de prier Dieu

La Belgique parcourue par un relais de prière

Cette année, le festival Venite adoremus se déroule du 10 au 20 novembre. Chaque paroisse ou groupe organisateur est libre d'organiser à une de ces dates un temps de prière devant le Saint Sacrement. Pour les croyants qui se déplaceraient d'une église à l'autre, il sera possible de passer une journée ou une nuit d'adoration, voire une semaine complète. Et c'est cette profusion de rendez-vous qui pourrait étonner et "faire du bruit"!

La démarche est-elle identique en fonction de la localisation de la paroisse. "Certaines personnes âgées ont parfois davantage peur de quitter l'église située au cœur de la ville, à la nuit tombée", concède un de nos interlocuteurs. "Le sentiment de sécurité serait plus fort à la campagne", ajoute-t-il selon son expérience de plusieurs années entre ville et milieu rural.

Un autre son de cloche (!) nous est donné par l'abbé Philippe Daloze, en charge de onze paroisses autour de Péruwelz (Hainaut). Certaines sont en ville, comme la basilique du Bon Secours, d'autres sont des églises rurales. Ce prêtre évoque davantage de choix logistiques liés aux économies d'énergie: "L'an dernier nous organisions des temps d'adoration dans toutes les églises pour le festival Venite adoremus. Cette année, par souci de restreindre la consommation de chauffage, nous les avons regroupé en trois lieux", parmi lesquels une chapelle pouvant accueillir une trentaine de personnes.

Une plus grande visibilité

Le déroulement de la prière devant le Saint Sacrement dépend aussi des personnes présentes dans l'église. "S'il y a du monde et des personnes habituées, elles entonneront probablement un chant de temps en temps", explique Stephan Juncker qui s'est renseigné sur les différentes pratiques dans le diocèse de Liège. La plupart du temps, c'est le silence qui prévaut pour ce cœur-à-cœur avec Dieu, devant le Saint Sacrement.

Dans plusieurs paroisses, le temps d'adoration qui est organisé tout au long de l'année est proposé sur un temps plus long pendant le festival Venite adoremus: toute la journée ou une nuit complète. Cela implique donc un groupe de personnes qui se relaient pour prier. Dans certaines paroisses, les chrétiens s'inscrivent par tranche d'une ou deux heures. Dans des églises importantes comme la basilique de Koekelberg, l'organisation est déjà mise en place pour l'adoration permanente: ceux qui viennent prier disposent d'un badge leur permettant d'entrer dans la basilique nationale, même lorsqu'elle est fermée le soir ou la nuit.

"Dieu répond à sa manière"

Les débutants dans cette prière d'adoration ont souvent besoin d'être guidés par des textes ou des chants que la paroisse peut fournir. "Même si on ne dit rien à haute voix, témoigne Faustin Lidji, on parle à Dieu différemment. Dieu me répond par ce que je ressens." Stephan Juncker formule également: "L'adoration nous permet la rencontre du Christ autrement que par des paroles très construites." En conclusion, le conseil donné serait "Viens et vois", quel que soit le lieu et l'heure.

Anne-Françoise de BEAUDRAP

Infos: ☎️ 0476.70.90.12 ou www.veniteadoremus.be


Dans la même catégorie