Au centre Ad Gentes, le pape évoque ses souvenirs du Concile Vatican II


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Au centre Ad Gentes, le pape évoque ses souvenirs du Concile Vatican II
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
3 min

Le pape a effectué ce lundi 9 juillet, une visite privée au centre « Ad Gentes » de la Société du Verbe Divin, au bord du lac de Nemi, à une dizaine de kilomètres de sa résidence d’été de Castelgandolfo. C’est dans ce centre qu’a travaillé, en 1965, une commission du concile Vatican II, chargée d’élaborer le décret « Ad Gentes » sur la mission de l’Eglise. Le souverain pontife, qui était à l’époque l’abbé Joseph Ratzinger, y a participé en tant qu’expert.

Le futur pape, avec le cardinal Josef Frings, archevêque de Munich, participa à la rédaction d’un texte pour les Pères conciliaires sur l’activité missionnaire. C’est notamment le texte de l’abbé Ratzinger sur les fondements théologiques de la mission de l’Église qui inspira assez directement plusieurs passages du décret « Ad Gentes ».

Quarante-sept ans plus tard, Benoît XVI est donc revenu dans cette maison, rebaptisée Centre Ad Gentes de la Société du Verbe Divin. Devant les 150 participants au chapitre général des Missionnaires, il s’est souvenu de ce séjour « dans la verdure, avec le souffle de la nature, et aussi cette fraîcheur de l’air et surtout la compagnie de tant de grands théologiens », citant notamment le P. Schütte, alors supérieur général des Verbites, Mgr Fulton Sheen, et le Père Congar.

Évoquant son travail de l’époque, il a noté avec humour que, alors jeune théologien de 38 ans, il ne comprenait pas tout le sens de la controverse qui agitait les esprits, entre « l’école de Louvain » et celle « de Münster ». « Pour les uns, a-t-il expliqué, l’objectif principal de la mission était l’implantation de l’Église, pour les autres, l’annonce de l’Évangile ». En réalité, constate le pape aujourd’hui, « tout convergeait vers un unique dynamisme de la nécessité de porter la lumière de la Parole de Dieu, la lumière de l’amour de Dieu dans le monde et de donner une joie nouvelle à cette annonce ».

Un souvenir qui prend toute son actualité, à la veille du synode sur la Nouvelle évangélisation, qui se tiendra en octobre prochain. À 38 ans, le jeune Ratzinger écrivait déjà que la mission « n’était pas une bataille pour capturer les autres et les prendre dans son propre camp » et que l’Église ne pouvait être missionnaire avec ses seules forces, sans le Christ : « aucun effort humain, et aucune religion ne peut en elle-même sauver, parce que le Salut ne vient que du Christ ». écrivait-il alors

La joie et le dynamisme missionnaire

Le « dynamisme missionnaire » ne vit que « s’il y a la joie de l’Evangile, si nous faisons l’expérience du bien qui vient de Dieu et qui doit et veut se communiquer », a déclaré Benoît XVI. Il a évoqué la figure missionnaire du supérieur général de l’époque, le P. Schütte, qui avait souffert en Chine, avait été condamné et expulsé. Benoît XVI a aussi évoque un théologien des Etats-Unis, grand évangélisateur à la télévision, et qui avait étudié à l’université catholique de Louvain, ainsi que d’autres participants. « Puis il y avait Fulton Sheen qui nous fascinait le soir par ses discours, le Père Congar, et les grands missiologues de Louvain. Pour moi ce fut un enrichissement spirituel, un grand don ». a dit le souverain pontife.

Parlant du décret Ad Gentes, Benoît XVI a estimé qu’il s’agissait d’un « décret beau et bon », rappelant qu’il avait été accepté quasi à l’unanimité, par 2394 voix contre 5. Un record ! Dans ce décret, Benoît XVI y voit « un très bon complément à Lumen Gentium ».

JJD (avec Zenit et La Croix)

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