L'Eglise catholique flamande a décidé de rejoindre le moment collectif de consolation du 1er novembre, avec la présence de l'évêque Mgr Lode Aerts. Cette année, c'est Bruges qui sert de fer de lance des rassemblements mis en place par Eveil.

Le 1er novembre, Reveil entoure les personnes endeuillées de manière originale, avec de la musique et de la poésie. C'est ainsi que des concerts ont déjà été organisés à plusieurs reprises dans une centaine de cimetières en Flandre. La date symbolique du 1er novembre a été retenue, puisqu'elle est synonyme de commémorations spéciales. A ce titre, cette nouvelle culture du deuil y a sa place.
Cette année, c'est la ville de Bruges qui a été choisie comme centre des activités de consolation. Pour l'occasion, Mgr Lode Aerts, l'évêque des lieux, a accepté l'invitation, précisant se réjouir de "partager également l'histoire chrétienne lors de cette solennité catholique". Il a ainsi été prévu que l'évêque de Bruges s'entretienne avec l'imam de Gand et président de la plateforme flamande des imams, Khalid Benhaddou, sous la houlette de la photographe et réalisatrice Lieve Blancquaert.
Et concrètement…
C'est à la nuit tombante qu'a généralement lieu un concert de consolation, entre 17h et 18h. Pour donner un peu de chaleur au lieu, les participants sont invités à se rendre sur place munis de bougies. Dans certaines communes, la municipalité les fournit elle-même, armoriées du logo de Reveil. D'autres proposent une boisson chaude, un peu de musique, la lecture d'un poème… Les variantes sont nombreuses et personnalisables en fonction des personnes impliquées. Marieke VanderSchaeghe, chargée de communication pour le diocèse de Bruges, souligne l'importance prise par cet événement de rencontre et de partage. A cette période de l'année, les gens présents partagent quelque chose dans une atmosphère paisible, estime-t-elle. Si Reveil est non confessionnel, les catholiques peuvent s'y joindre avec des prières ou un rituel propre.
Plus d'une décennie
L'origine de l'initiative remonte à l'année 2012, à la suite du décès de quelques jeunes gens, parmi lesquels Robbie Van Eeckhout, un musicien du groupe Highway Jack. Après des débuts plutôt modestes dans quelques cimetières de villages ou d'agglomérations urbaines, l'initiative a pris de l'ampleur en étant déclinée dans un lieu porteur représentatif. Cela a d'abord été Courtrai, puis Louvain, et maintenant Bruges, en présence – pour cette édition-ci – de l'évêque Lode Aerts. Le fondateur de Reveil, lui aussi musicien et ami du défunt Van Eeckhout, Pieter Deknudt, espère qu'un maximum de personnes participent à ce temps collectif et soient porteuses d'idées nouvelles. Derrière Reveil se déploie en filigrane une "révolution du deuil" à l'œuvre depuis plusieurs années déjà. A côté des concerts (140 en 2022) organisés dans des cimetières en Flandre, le collectif rassemble les histoires des défunts dans une banque d'histoires et publie, chaque année, les plus marquantes. En outre, des conférences relatives à la thématique du deuil sont programmées par le collectif, décidément très actif.
Angélique TASIAUX
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Pour en savoir plus sur l'initiative de Reveil
