En RDC, des milliers d’adolescentes vivent des grossesses précoces. L'ONG Louvain coopération attire l'attention sur le risque encouru par ces filles-mères. Lorsque ces grossesses surviennent hors-mariage, les jeunes femmes et leurs enfants sont chassés de leur famille, bannis de leur communauté. Ces jeunes mamans doivent alors élever leurs enfants seules et sans ressources.

"J’avais 16 ans quand je suis tombée enceinte après avoir été agressée. Lorsque je l’ai avoué à ma famille, ils m’ont chassée. Un cousin éloigné a accepté de m’héberger jusqu’à la fin de ma grossesse et pour mon accouchement. La vie avec mon bébé était très difficile. J’étais seule, je n’avais pas d’argent. Je n’étais plus rien dans la société. À ce moment-là, je pensais que ma vie était finie, que je n’y arriverais plus.
J’ai alors rencontré les psychologues et assistants sociaux de CAMPS (partenaire de Louvain Coopération). J’ai beaucoup discuté avec eux, ils m’ont prodigué des conseils et permis de rencontrer plusieurs filles comme moi. Nous avons formé un groupe qu’on a appelé "Wa dada Tupendane" (Aimons-nous les filles). Petit à petit, j’ai été mieux.
J’ai compris que je devais garder confiance, que la vie continuait.
Clémence, jeune maman
Aujourd’hui, on continue de se voir avec le groupe et de s’entraider car les difficultés financières restent notre plus grand problème. CAMPS nous a aidées à ouvrir un atelier de couture qui nous procure un peu d’argent pour élever nos enfants." Clémence, Mugeri, Sud-Kivu.
Un soutien psychologique
On estime que 27% des femmes âgées entre 15 et 19 ans ont déjà des enfants ou sont actuellement enceintes. Louvain Coopération et son partenaire local au Sud-Kivu apporte un soutien psychologique à ces femmes qui sont bien souvent détruites après ces épreuves. Patrick Rukumbuzi, psychologue, témoigne : "Si une fille met au monde un enfant en dehors du mariage, elle est appelée fille-mère. Elle est rejetée par la société, en commençant par les membres de sa famille, qui se sentent déshonorés. Elle est traitée comme si elle avait commis un crime.
Un grand nombre de ces jeunes femmes développent des dépressions, des troubles de stress post-traumatiques, ou encore des troubles anxieux… Nous les accompagnons d’abord individuellement, par des séances d’écoute individuelle, par la psychoéducation, les causeries éducatives, l’ergothérapie, les TCC (thérapie cognitivo-comportementale) … Par après, nous les rassemblons au sein de groupes thérapeutiques, où chacune peut s’exprimer et partager ses expériences. Le groupe se fait soigner et un psychologue est présent pour orienter et cadrer le débat.
Nous menons aussi un important travail de sensibilisation auprès de toute la communauté pour éviter la stigmatisation et l’abandon de ces filles."
À côté de cette prise en charge psychosociale, les jeunes mamans sont conseillées et soutenues dans le développement d’une petite activité économique afin de leur procurer un revenu.

Ces femmes debout...
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