Existe-t-il une crise de l’homme européen ? C’est en tout cas le sentiment exprimé par l’archevêque de Gênes, le cardinal Angelo Bagnasco, qui réagissait à l’attentat survenu deux jours plus tôt dans un lycée de Brindisi (Italie). Le prélat a aussi dénoncé “ceux qui brandissent des utopies fortes et mortifères“, puisant dans le malheur des populations pour “déstabiliser la vie sociale“.
Les chefs d'État et de gouvernement des 27 membres de l'Union européenne (UE) se réunissent ce mercredi 23 mai pour un sommet 'informel" à Bruxelles. Les discussions porteront sur la crise que connaît actuellement l’Europe, mais principalement d’un point de vue financier. Or, pour le cardinal Bagnasco, une autre crise, plus profonde encore, menace l’Europe : “il n’y a pas de doute qu’il existe aujourd’hui une crise de l’homme européen. Ce dernier pouvait auparavant croire dans le succès du processus communautaire mais la déception est aujourd’hui de mise“, a ainsi souligné le président de la CEI. A ses yeux, “il manque une vision de ce que nous désirons de l’Europe“, qui se présente comme “apparemment neutre, illusoirement progressiste et clairement laïciste“.
Revenant par ailleurs sur les conséquences très graves d’une crise économique qu’il a qualifiée d’historique, le cardinal Bagnasco a alors évoqué la “phase délicate“ dans laquelle se trouve l’Italie, appelant de ses vœux un “gigantesque changement d’avis culturel collectif“. “Il est peut-être vrai qu’il n’y a pas partout la perception de la gravité de la situation actuelle“, a-t-il ensuite souligné, ajoutant que l’Italie avait un besoin urgent de travail, face à la montée du chômage, et notamment pour les jeunes. “Nous devons revenir au niveau de nos possibilités réelles, a demandé le haut prélat, en arrêtant d’avoir recours à la dette“.
Contre la violence
Revenant sur l’actualité récente, en particulier sur l’attentat devant un lycée professionnel de Brindisi, dans les Pouilles, qui a causé la mort d’une jeune fille de 16 ans, le cardinal Bagnasco a dénoncé les “ombres subversives qui cherchent à puiser dans le trouble du mal-être et des peurs pour déstabiliser la vie sociale“. Si l’attentat n’a pas encore été revendiqué et si l’hypothèse mafieuse semble s’éloigner, le cardinal Bagnasco a tout de même rappelé l’engagement de l’Eglise contre la mafia, contre “ses menaces et ses intimidations“.
Dénonçant tous types de violence politique, le haut prélat a alors ajouté: “La nation entière doit isoler, avec une colère compacte et univoque, ceux qui brandissent des utopies fausses et mortifères“.
(apic/imedia/mvl)
