Bafouant le mandat accordé par la loi aux confessions religieuses et en l’absence de consensus en leur sein, le président Tshisekedi a imposé Denis Kadima, à la tête de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) pour les élections présidentielles de 2023. Nous avons rencontré la délégation des évêques avec leur nouveau partenaire dans l’accompagnement du processus électoral, l’Eglise (protestante) du Christ au Congo.

Pourquoi les confessions religieuses n’ont-elles pu s’accorder sur le choix du président ?
"Nous voulions un consensus, qui nous engage tous", explique Eric Nsenga, porte-parole de l’Eglise du Christ au Congo (ECC).
Or, le candidat Denis Kadima, expert électoral reconnu mais certainement pas indépendant puisque proche de Tshisekedi, adhérait au kimbanguisme, prônant la soumission totale au chef de l’Etat. Ce qui était incompatible avec les valeurs requises de vérité et d’honnêteté ! Une jeep a alors été proposée au responsable protestant, 100.000 $ à un autre. Entre le 23 et le 27 juillet, les représentants des six confessions religieuses minoritaires ont été invitées à loger au prestigieux hôtel fleuve Congo, sanctuaire du pouvoir où ils ont été mis sous pression pour laisser passer Kadima. Mgr Utembi, président de la Cenco, précise : ce sont ces six confessions religieuses elles-mêmes qui en ont informé leurs homologues catholiques et protestants avant de se rétracter sous la menace.
Placé devant le fait accompli, comment réagit le nouveau tandem catholique (Cenco) - protestant (ECC) ?
La population nous soutient. Nous allons faire notre travail d’observateurs électoraux jusqu’au bout du processus, répond le Père Clément Makiobo, secrétaire exécutif de la Commission Justice et Paix.
Quant à retirer aux confessions religieuses leurs prérogatives, "nous n’allons pas nous accrocher, tout le monde est conscient de la nécessité de ne plus faire de la CENI l’antichambre du pouvoir. Il faut dépolitiser la CENI !", insiste le prêtre.
Tel est aussi le message du 24 octobre lancé par les forces sociales et politiques, dont les jeunes catholiques. Appel est lancé à de grandes actions citoyennes à travers le pays pour obtenir un nouvel arsenal législatif garantissant des élections libres, transparentes, apaisées.
La Conférence épiscopale belge nous a toujours soutenus
Les évêques congolais, le 26 octobre
Qu’allez-vous dire à l’Union Européenne et à la Belgique ?
Les règles du jeu n’ont pas été respectées. Il reste trois postes à pourvoir au sein de la CENI, une occasion à saisir par l’opposition !
Nous demandons à l’Europe et à la Belgique de soutenir activement notre mission d’observateurs pour faire contrepoids, sinon, ce sera le retour à l’arbitraire et à la dictature.
Un message pour les évêques belges ?
La Conférence épiscopale belge nous a toujours soutenus, leur appui moral, logistique et financier est important pour aider l’Eglise du Congo à poursuivre sa mission d’évangélisation, à jouer son rôle de porte-parole des sans-voix, d’offrir aux populations un service de santé accessible à tous et une éducation de grande qualité.
Béatrice PETIT
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