Notre-Dame de la Charité de Cuba: Les prisonniers chers au cœur de Benoît XVI


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Notre-Dame de la Charité de Cuba: Les prisonniers chers au cœur de Benoît XVI
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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En se recueillant le 27 mars au sanctuaire de Notre-Dame de la Charité du Cuivre, le pape a par cette visite mis l'accent sur la mission d'espérance qu'il est venu apporter aux Cubains, voulant les aider à retrouver l'éclat de leurs racines, en ce bicentenaire des indépendances de plusieurs Etats d'Amérique latine.

La Vierge conservée au sanctuaire de Notre-Dame de la Charité du Cuivre (photo) fait l’objet d’une grande vénération populaire, notamment pour les prisonniers cubains et les descendants d’esclaves. El Cobre (le cuivre) est un lieu rempli de symboles puisqu’il fut le premier lieu cubain où les esclaves conquirent leur liberté. Le 10 mai 1916, à la fin de la guerre d’indépendance nationale, Notre-Dame de la Charité fut proclamée patronne de Cuba.

Le pape a assuré les Cubains avoir confié à Marie "l’avenir de leur patrie qui avance sur des chemins de rénovation et d’espérance". Plus loin pensant aux prisonniers, Benoît XVI a déclaré qu’il avait, "supplié la Vierge très sainte pour les besoins de ceux qui souffrent, de ceux qui sont privés de liberté, séparés des personnes qui leur sont chères ou qui connaissent de graves moments de difficulté".
Selon la Commission cubaine des Droits de l’homme et de la réconciliation nationale (CCDHRN), il resterait aujourd’hui 50 prisonniers politiques dans les prisons de l’île. Le régime a toutefois peu à peu abandonné les détentions longues, favorisant les arrestations continues mais brèves. L’impact sur l’opinion politique mondiale est moindre, mais l’effet dissuasif sur l’opposition demeure fort. Ainsi, en 2010, le régime aurait procédé à quelque 2.000 arrestations brèves, et à 4.000 en 2011. Dès son arrivée sur l'île, le pape n’a d’ailleurs pas manqué d’assurer les prisonniers de son soutien.

En l’absence de toute opposition autorisée, l’Eglise catholique de Cuba est un interlocuteur fréquent et critique du régime castriste. Elle joue depuis quelques années un rôle de médiateur avec le régime, ce qui a permis la libération de nombreux prisonniers. En 2010, l’archevêque de La Havane, le cardinal Jaime Ortega, a en effet ouvert un dialogue inédit avec Raul Castro. 130 prisonniers ont alors été libérés. A l’approche de la visite du pape, le régime a également accordé l’amnistie à 3.000 détenus.
Les opposants au régime espèrent d'ailleurs quelques mots du pape et, mieux encore, une rencontre entre le souverain pontife et des dissidents. Mais, depuis le début de son séjour cubain, dans les difficultés quil a pointées comme l'allusion à la situation des prisonniers politiques, Benoît XVI reste modéré dans ses propos afin de ne pas mettre en péril l’Eglise catholique locale et son dialogue avec les autorités.

Les esclaves n'ont pas été oubliés
Le pape a aussi eu une pensée pour les "descendants de ceux qui arrivèrent à Cuba, venant d’Afrique. C’est au début du 16e siècle, après le massacre des populations indigènes, qu’a débuté "l’importation" d’esclaves depuis l’Afrique vers Cuba, qui s’est intensifiée à la fin du 18e siècle. L’esclavage a été aboli un siècle plus tard.

BL (avec Apic/Imedia)
Photo © Kerknet/Sir/SG

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