Tremblement de terre à Haïti : Tenir, malgré tout


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Tremblement de terre à Haïti : Tenir, malgré tout
Par Nancy Goethals
Publié le - Modifié le
3 min

Les Haïtiens ne sont guère épargnés par les épreuves. Le tremblement de terre qui a secoué, samedi, le sud du pays ne fait que rajouter des problèmes. Et voilà qu'une tempête tropicale s'annonce. Sur place, un Haïtien témoigne de toute cette complexité.

Eloge Vilfranc ne vit pas dans la zone impactée par le tremblement mais sa Fondation est active dans tout le pays. Elle s'appelle Clarina Bastia et a pour but de venir en aide aux familles monoparentales marginalisées. Dans le Sud, touché par le séisme de samedi dernier, elle aide 150 familles.

"La situation s'est encore aggravée. Les gens faisaient déjà face à des difficultés d'approvisionnement et de circulation à cause de gangs qui sèment la terreur depuis trois mois." Pillages, viols, exactions sont le lot quotidien de la population "et la police ne peut rien faire", déplore Eloge Vilfranc. A présent, les routes sont complètement bloquées, l'aide tarde à arriver. En l'espace de quelques jours, le prix du gallon d'eau est passé de 25 à 300 gourdes (NDLR : monnaie haïtienne). "La situation actuelle est hyper complexe. On espère que la tempête Grace ne va pas créer une situation plus grave encore."

Sur les 150 familles aidée dans la zone impactée par le tremblement de terre, seulement cinq ont pu être contactées par la Fondation Clarina Bastia. "Dans le Sud, le pire, explique Eloge Vilfranc, c'est que les centres de santé sont complètement détruits. Les blessés graves sont évacués en hélicoptère vers la capitale, Port-au-Prince." La Fondation est membre du "Global Network Disaster". Elle essaie de voir comment celui-ci peut les aider : acheter des comprimés, de l'eau ...

Principalement active dans les régions rurales, la Fondation Clarina Bastia permet entre autres aux femmes d'y exercer une activité professionnelle. "Alors que la situation était déjà catastrophique, les activités des familles risquent d'être encore plus mises à mal par le tremblement du terre. L'accès est très difficile. L'état essaie de déblayer les routes."

Comme le peuple haïtien, cette église à Cayes, essaie de rester debout

Tenir, malgré tout

Comme beaucoup d'autres acteurs et de nombreux observateurs, Eloge Vilfranc constate l'absence de responsabilités au niveau de l'état. ""Quel que soit le contexte, j'essaie de tenir. Si je n'avais pas cru à un changement je ne serais pas ici (NDLR: à Haïti)." Sa femme et ses filles vivent aux Etats-Unis mais lui a choisi de rester parmi les siens, pour leur offrir un avenir durable. "Je pense qu'il y a une possibilité de changement. Avec notre Fondation, nous restons optimistes. Nous travaillons avec les pouvoirs, nous sensibilisons les gens pour qu'ils comprennent la situation et puissent agir. Parfois on risque de se décourager mais quand on arrive dans les zones rurales et qu'on parle aux gens - surtout les femmes - ils sourient malgré la situation complexe. Cela vous donne un peu de force pour continuer à agir, continuer à sensibiliser."

Se sentir soutenus

Nous vivons à des milliers de kilomètres de Haïti, mais peut-être les inondations vécues récemment en Belgique nous rapprochent un peu de la souffrance du peuple haïtien. Toutes les manifestations d'intérêt et d'attention permettent de tenir, malgré tout. Eloge Vilfranc, qui est catholique, remercie pour les prières qui leur sont adressées. Il complète: "De me contacter, c'est déjà un encouragement; cela me donne la force de continuer." Les aides financières sont aussi nécessaires pour permettre aux Haïtiens de se relever. Il est clair qu'actuellement, ce dont ils souffrent le plus c'est le manque d'eau et de nourriture.

Nancy Goethals

Crédit photos : FCB_Ricardo Pierre

Catégorie : International

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