Plaidoyer pour une foi adulte au clergé romain


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Plaidoyer pour une foi adulte au clergé romain
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Lors de sa traditionnelle rencontre avec le clergé romain, le pape s'est adressé à eux à partir d'une Lectio divina du chapitre 4 de la lettre de saint Paul aux Éphésiens. Benoît XVI a appelé chacun d’entre eux à s’engager “dans les batailles nécessaires pour promouvoir son Royaume“, le pape a en outre affirmé qu’une “foi adulte“ devait savoir s’émanciper de “la dictature des médias“ et de “la dépendance aux opinions du monde“.

Appel à l'humilité

Affirmant que “suivre le Christ“ supposait d’entrer dans un “cheminement de l’humilité“, Benoît XVI a rappelé que le contraire de l’humilité était “l’orgueil, racine de tous les péchés“ et consistait à vouloir “apparaître“ et “être quelqu’un“, “être accepté par les autres et - disons-le – vénéré par les autres". Au contraire, aux yeux du pape, “être chrétien c’est dépasser cette tentation originelle“ mais également “accepter aussi l’autre, qui est peut être plus grand que soi“ et accepter ses limites. “Les autres, avec soi-même, forment la grande symphonie de l’Eglise et de la Création“, a-t-il alors lancé. Selon Benoît XVI, dès lors, “les petites humiliations que nous devons vivre jour après jour sont saines car elles nous aident à (…) être ainsi libres de cette gloire vaine qui est contre la vérité et qui ne peut pas rendre heureux“. Et d’appeler chacun à “apprendre à accepter (sa) position dans l’Eglise“, un “réalisme“ qui “rend libre“.

Une foi adulte

Au cours des dernières années, a par ailleurs noté le souverain pontife dans sa "lectio divina", l’expression de “foi adulte“ a été interprétée “comme émancipée du magistère de l’Eglise“. “Mais le résultat n’est pas une foi adulte, mais bien la dépendance aux opinions du monde, à la dictature des médias“, a assuré Benoît XVI, selon lequel “ce n’est pas la vraie émancipation que l’émancipation de la communion au corps du Christ. La vraie libération est de se libérer de cette dictature, dans la liberté des enfants de Dieu, qui (…) sont capables de répondre aux défis de notre temps“.

Non violence

Dans son discours d’une quarantaine de minutes, en grande partie improvisé, le pape a aussi affirmé qu’une autre vertu à laquelle les disciples du Christ sont appelés était la douceur, qui est “plus forte que la violence“. “Les chrétiens sont les non-violents, les opposants à la violence“, a-t-il alors lancé. “Aujourd’hui, a-t-il constaté, le concept de vérité est un peu suspect car on l’associe avec la violence“. Le pape a alors reconnu que “malheureusement, dans l’histoire, il y a eu des épisodes au cours desquels on a voulu défendre la vérité par la violence“ alors que ces deux concepts sont “opposés“.

Analphabétisme religieux
Benoît XVI est aussi revenu sur l’Année de la foi, qu’il a aussi appelée “Année du catéchisme“. A ses yeux, “le manque de connaissance de la foi et l’analphabétisme religieux constituent un grand problème pour l’Eglise actuelle, comme l’ont dit les cardinaux“ lors du consistoire extraordinaire du 17 février. Le pape a alors jugé nécessaire de “se réapproprier ce contenu (…) non pas comme un paquet de dogmes et de commandements mais comme une réalité unique“. “Il faut faire notre possible pour un renouvellement catéchétique, pour que la foi et Dieu soient connus“, a encore affirmé Benoît XVI.

Vocations

Par ailleurs, le pape s’est penché sur la “grande souffrance de l’Eglise d’aujourd’hui en Europe et Occident“ que constitue “le manque de vocations sacerdotales“. “Mais le Seigneur continue d’appeler, a-t-il aussitôt ajouté, ce qui manque c’est l’écoute“. Dès lors, “il faut être attentif à la voix du Seigneur, y compris pour les autres, (…) afin d’ouvrir la route à la vocation du pasteur“.

Photo Kerknet

apic/imedia/bl

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