Le tribunal de première instance de Gand a rendu sa décision dans le procès qui oppose une quinzaine d'ex-membres soutenus par Unia, à l'asbl des Témoins de Jéhovah. Celle-ci est condamnée à 12.000€ d'amende pour incitation à la discrimination, à la haine et à la violence envers d'anciens membres.
C'est en 2015 que Patrick Haeck, ancien membre de la communauté, a déposé plainte contre l'asbl. En cause ? Les conditions d'exclusion auxquelles il faisait face. Il a été licencié en 2010 de son poste chez les Jéhovah après avoir remis en question certaines pratiques. Depuis, il était ouvertement ignoré et exclu. 16 anciens membres de la communauté, accompagné par Unia, le centre inter-fédéral pour l'égalité des chances, se sont constitués partie civile. Les pratiques de la communauté sont considérées comme non-conformes à la loi sur la discrimination. Lors du procès mi-février, la défense avait notamment souligné l'isolement social et psychologique que subissent les personnes qui quittent les témoins de Jéhovah, dénonçant une "peine de mort sociale". Pour la communauté, la norme d'exclusion est dictée par la Bible et le tribunal n'est nullement compétent pour l'évaluer et la questionner. La défense avait plaidé l'acquittement.
Ce 16 mars, c'est l'asbl des Témoins de Jéhovah qui est condamnée à 12.000€ d'amendes. En effet, aucun membre de la communauté n'était poursuivi. Les victimes ont obtenu une indemnisation provisoire d'un euro sauf pour trois d'entre elles. Le tribunal a jugé que pour ces trois personnes, les infractions étaient prescrites.
La Congrégation Chrétienne des Témoins de Jéhovah a fait savoir qu'elle analyserait les différentes étapes juridiques à entreprendre.
Sarah Poucet
