Agir en chrétien et s’éclaircir les idées avec Laudato si’


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Agir en chrétien et s’éclaircir les idées avec Laudato si’
Par Nancy Goethals
Publié le - Modifié le
7 min

Combien avons-nous d'idées reçues sur la situation de notre Maison Commune?

Face aux changements climatiques faut-il changer nos habitudes? Certains disent que la science et les technologies seraient notre baguette magique pour résoudre le problème. Ce qui risque de nous déresponsabiliser. C'est le sujet de la quatrième vidéo de la série "Des idées éclaircies" qui nous invite à changer de lunettes et regarder la réalité d’une autre manière.

Petit retour en arrière: en septembre 2020, le tout jeune Joachim Lesne est engagé comme référent pour l'écologie intégrale au diocèse de Liège. Depuis 2017, ce dernier se veut "en transition écologique". Joaquim a donc pour mission d'aider les chrétiens à mettre en pratique Laudato si' afin de sauvegarder la création (voir article Liège, un diocèse en transition) et notre Maison Commune. Et il s'est très vite attelé à la tâche: même si le terrain était déjà préparé et semble fertile, depuis son arrivée les projets ne manquent pas. Ainsi, en partenariat avec le Mouvement Salésien des Jeunes, une série de capsules vidéo mensuelles présente des idées reçues sur l'écologie et les problématiques qui y sont liées. Et qui dit 'idées reçues', pense 'changer de regard'... Non?

Chaque mois, une vidéo interpelle donc sur une idée reçue à partir d'une thématique inspirée de Laudato si'. De là, Joaquim Lesne et sa comparse Gwenaëlle Martin, du Mouvement Salésien des Jeunes, proposent dans un style dynamique des pistes de réflexions et aussi des ressources. Car leur but est bien de permettre à chacun et chacune de pratiquer l'écologie intégrale dans sa vie quotidienne. En effet, une fois que les idées reçues sont "reconnues", que le regard a changé, il est bon de se lancer. Mais c'est plus rassurant de savoir qu'on n'est pas seul à s'y mettre. Les vidéos se terminent donc par la mise en exergue de ressources, comme par exemple des temps de réflexions, de prière mais aussi des projets chrétiens qui pratiquent déjà l'écologie intégrale.

Ces vidéos - courtes mais denses - et les autres projets répondent ainsi à l'appel, fait en 2015, par le pape dans son encyclique Laudato si': que chaque habitant de la terre prenne soin de l’environnement et des plus faibles. Or, aujourd'hui plus que jamais, le contexte nous presse à prendre au sérieux cette invitation à «unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral» (LS 13) et à poursuivre sur la voie d’une «culture écologique portant un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité» (LS 111).

Les technologies nous sauveront-elles?

Le sujet abordé dans la quatrième vidéo - celle du mois de janvier - s'inspire des propos du pape dans la première partie du chapitre 3 de Laudato si'. Alors que nous cherchons à l’extérieur de nous l’origine du problème du réchauffement climatique, nous oublions que la racine même de la crise écologique est bien humaine. Ces technologies que nous développons, à la recherche du "toujours plus", ne participent-elles pas activement à la dégradation sociale et environnementale?

Le Paradigme TechnoCratique (PTC), une nouvelle drogue

Le pape attire notre attention sur le paradigme technocratique qui régit nos vies. Ce terme peut paraître un peu barbare: il décrit comment les technologies présentes dans notre quotidien viennent influencer notre manière de voir le monde, de concevoir notre rapport à l’autre, à la nature et aussi à nous-même. "La technocratie, étymologiquement, c’est le pouvoir de la technique, et le paradigme est une représentation, une vision du monde", explique Joaquim Lesne. "Par hasard, on s’est rendu compte que les initiales correspondaient à une drogue qui circule dans les lycées français. Et c’est pareil: on ne sait plus s’en passer, on n’imagine pas notre vie sans le PTC", raconte Gwenaëlle Martin.

Sans que l’on en soit conscient, les technologies conditionnent notre rapport au monde: elles nous font considérer toute chose vivante comme une machine et elles nous font entrer en relation avec les autres et la nature comme si nous-même étions des machines (par exemple, des montres ou des téléphones indiquent le nombre de pas effectués chaque jour, en rue, en forêt, à l’intérieur, etc.). Ainsi, la science et les technologies deviennent une drogue lorsqu’elles sont utilisées à mauvais escient.

Hélàs! La science ne résoudra pas tout

Cette manière de voir le monde, cette recherche du "toujours plus" a forcément un impact sur la planète: pollution de l’eau, de l’air, du sol, etc. Dans l’idée reçue de cet épisode, il y a déjà une expression révélatrice de l’incapacité de la science à résoudre seule la crise socio-environnementale. En effet, la science moderne segmente la réalité pour l’étudier. L’idée reçue concerne le réchauffement climatique pourtant ce n’est qu’un des problèmes liés aux changements climatiques (biodiversité, montée des eaux, désertification, raréfaction des ressources, etc.). Agir uniquement sur la hausse de la température de l’air, c’est nier la complexité des problèmes, leur source qui est en grande partie d'origine humaine (autrement dit anthropique), et leurs conséquences socio-environnementales.

Certes, la science et les technologies ont participé activement à l’amélioration des conditions de vie d’une partie de l’humanité. Mais elles ont aussi contribué à la détérioration des conditions de vie d’une autre partie… "Ce que nous voulions mettre en évidence, c’est le fait que nous ne sommes que des humains, limités dans nos capacités, et inscrits dans un espace-temps défini. Ce souhait de vouloir tout régler avec les sciences et les technologies montre à quel point l’Homme souhaite avoir la maîtrise de tout. Mais nous ne sommes pas tout-puissants, nous ne pouvons pas régler la température générale de la planète en appuyant sur des boutons", précise Gwenaëlle.

Apprendre à changer de regard

La manière technique d’apporter une solution à la crise écologique paraît louable. Mais elle ne fait que détourner notre regard de la crise plus profonde qui se cache en nous-mêmes. Aujourd’hui, l’humanité est capable de s’autodétruire: indirectement en déréglant le climat et les écosystèmes, et directement, par exemple, via la technologie nucléaire sous forme de bombe. Joaquim alerte: "Ce qu’il y a d’encore plus dangereux, c’est que les technologies les plus puissantes sont concentrées dans les mains de quelques personnes, qui n’ont pas forcément en vue le bien de tous et de la maison commune".

Cependant, les deux jeunes nous rappellent que la science a bien sa place dans cette transition écologique, si elle rentre en dialogue avec d’autres domaines. Ils prolongent l’appel du pape à faire dialoguer la science avec d’autres disciplines telles que l’éthique, la spiritualité, la culture. Ce dialogue est urgent pour que toutes ces connaissances aient un sens et servent le bien de tous. Rendre le développement des sciences et des technologies plus respectueux de la vie humaine, animale et végétale, cela demande un changement de regard.

Gwenaëlle, Joaquim et leur génération ont grandi dans l’essor de l’informatique et du numérique. Ils utilisent même l’audiovisuel pour la série des Idées éclaircies. En quelque sorte, ils essaient de soigner le mal par le mal: par le biais de ressources supplémentaires numériques … ils nous invitent à questionner l’emprise de ce paradigme technocratique; et ceci dans le but de nourrir notre tête, notre cœur et notre corps. Cette vidéo est à voir ici La science et les technologies vont résoudre le problème du réchauffement climatique

Un projet accessible à tous!

Toutes ces capsules offrent un regard décalé qui analyse et permet de prendre conscience, en quelques minutes, des problématiques soulevées. Avec un certain humour mais sans ménagement pour autant, elles bousculent nos idées reçues et nous invitent à changer de regard.

C'est la force de la vidéo de permettre à l'image d'appuyer le discours; Gwenaëlle et Joachim y arrivent très bien. Cela rend cette série accessible à toutes les générations; même si elle est au départ destinée à un public jeune. D'ailleurs, les thématiques abordées nous concernent tous, quel que soit notre âge. Puissent-elles nous inspirer pour agir concrètement dans notre quotidien.

Il n'y a pas de petit projet, ni de petite initiative. C'est l'association des actions de chacun et chacune qui fera la différence. Laissons-nous donc inspirer par les réflexions que nous amènent toutes ces idées éclaircies grâce à la lecture de Laudato si'.

Nancy GOETHALS avec communiqués

L'annonce de ces vidéos vous éclairera sur le projet "Des idées éclaircies" et se résume par cette petite chanson à écouter: "Avec Laudato si’, je lis et puis j’agis. Des idées reçues, j’en avais mais j’en veux plus. Avec Laudato Si, l'écologie intégrale prend vie. Moi j’aurais jamais cru que l’Eglise se bouge là-dessus!"

Et pour regarder les épisodes déjà parus:

Idée reçue n°1 pour le mois d’octobre: L'écologie? Ça ne me concerne pas!

Idée reçue n°2 pour le mois de novembre: La nature se porterait mieux sans l’être humain !

Idée reçue n°3 pour le mois de décembre: Les cathos sont des pollueurs en dominant la nature


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