Par les contes, par les fleurs et par mille sensations particulièrement ciselées, Muriel Barbery nous convie à la découverte de Kyoto, ancienne capitale impériale du Japon.
Il se dit qu’une seule rose suffit pour fleurir un vase…
La quarantaine, Rose, fille unique d’un riche marchand d’art contemporain récemment décédé, atterrit au Japon. Dès son premier réveil, elle nous partage chacune de ses sensations avec infiniment de sensibilité: le silence, la branche fleurie qui attend son regard, les effluves du petit déjeuner, chacune des attentions qui l’accueillent. Ses émotions aussi: il faut bien avouer qu’elle a fait ce voyage sans grand enthousiasme – elle n’a jamais connu son père.
Haru, l’inconnu, a concocté un véritable parcours initiatique pour sa fille: temples et jardins bien sûr, tables aux bouchées de poissons frais incomparables, bars à musique, bières et saké, amitiés de toujours. Rose découvre l’homme, l’esthète, le samouraï, un père qui lui vouait une attention de chaque instant. Jamais, il ne trahira la parole donnée de ne pas chercher à la rencontrer, même après le décès de celle à qui il l’avait promis.
Dans ce périple où les pierres ont un parfum, les jardins sont parfois faits de graviers ou peuplés d’arbres dansants, les soirées sont souvent bien arrosées, les repas ou les bains délectables. Rose va découvrir bien plus que Kyoto. Cette enfant unique, cette femme esseulée dans la vie, au prénom subtilement évocateur, va découvrir ses racines et se surprendre à devenir enfin elle-même.
C’est une très belle invitation que nous lance Muriel Barbery (L’élégance du hérisson, 2006): sensible, raffinée, délicieuse, parfumée. Par ces temps de repli, il nous offre un merveilleux voyage auquel nous vous convions.
Geneviève IWEINS, Siloë Liège
Muriel BARBERY, Une rose seule, Actes Sud, 2020, 17,50€ (+ frais de port 3,80€) – Remise de 5% sur présentation de cet article.

