"Tous connectés... un levier pour la démocratie?" Cette question était le thème de la fête de l'université catholique de Louvain le 2 février dernier. A cette occasion, trois personnalités ont été choisies pour recevoir le titre de docteur honoris causa: Solange Lusiku Nsimire, Salil Shetty, pour Amnesty International, et Daniel Cornu.
Solange Lusiku édite le périodique Le Souverain, seul journal de la ville de Bukavu (Congo). Militante, elle travaillait au sein du Caucus des femmes congolaises du Sud-Kivu lorsqu’elle a rencontré le fondateur du Souverain, décédé peu de temps après. Elle a alors repris le flambeau. Le journal met en avant la démocratie et les droits de la femme.
Amnesty International sera, quant à elle, honorée à travers son secrétaire général, Salil Shetty. La plus grande organisation de bénévoles au monde travaillant en faveur des droits humains compte plus de 1,1 millions de membres et sympathisants dans plus de 140 pays et territoires. Elle intervient au nom des victimes de violations de ces droits, en se basant sur une recherche impartiale et sur le droit international. L’organisation est indépendante de tout gouvernement, idéologie politique, intérêt économique ou religion.
Daniel Cornu, journaliste, universitaire et blogueur, est l’auteur de plusieurs ouvrages majeurs sur l’éthique du journalisme. De nationalité suisse, il a enseigné dans les universités de Genève, Neuchâtel et Zurich. Il envisage l’information sur Internet d’un point de vue critique, notamment vis-à-vis des enjeux démocratiques de l’information en ligne.
Histoire des doctorats
L'usage du doctorat honoris causa à Louvain remonte à 1874.
Longtemps, il fut conféré par les Facultés. En 1951, le roi Baudouin devint le premier docteur honoris causa de l'Université.
Le premier sens attaché à la distinction renvoyait au mérite scientifique : découverte, enseignement important, fondation d'une nouvelle discipline … Un bel exemple en est Alexander Fleming, promu docteur honoris causa au titre de la Faculté de médecine en 1945.
La reine Elisabeth fut aussi docteur honoris causa de Médecine en 1927! Il s'agissait, à travers le souvenir de l'hôpital de l'Océan à La Panne tout proche du front de l'Yser, de célébrer la résistance des souverains belges durant le premier conflit mondial. Albert Ier fut distingué le même jour par la Faculté des sciences exactes.
Après la guerre 14-18, le doctorat honoris causa permit de célébrer les leaders de la victoire alliée (Clémenceau, le Maréchal Foch) et de remercier ceux qui soutenaient la reconstruction de l'Université gravement détruite. Le Président des Etats-Unis, W. Wilson, reçut le diplôme de son doctorat en 1919 dans le cadre très suggestif des Halles universitaires en ruine. Les mois qui suivirent la fin du second conflit mondial furent, à leur tour, ponctués des doctorats honoris causa de Charles De Gaulle, de Winston Churchill, du Président Roosevelt, du Général Eisenhower et du Maréchal Montgomery. Robert Schumann et Konrad Adenauer devinrent docteurs honoris causa de l'UCL en 1958.
Depuis le milieu des années 1980, la cérémonie des doctorats honoris causa de l'Université se conjugue avec la fête du 2 février. Une nouvelle orientation était née: associer l'Université à des hommes et des femmes, d'ici et d'ailleurs, de tous les continents, œuvrant par la science, la culture, l'engagement, à une meilleure humanité.
UCL/SB
