Dès la prise de fonction de Pie XII, des archéologues ont mené des fouilles pour trouver la trace du premier pape. Cet ouvrage publié aux éditions Artège mène l’enquête sur cette aventure humaine du siècle dernier.
Quel peut être le lien entre un magnat texan du pétrole, le premier pape et une archéologue ? Pour trouver ce fil conducteur, il serait utile de se transposer au milieu du siècle dernier dans le sous-sol du Vatican. Le guide historique qui nous raconte les différentes péripéties qui ont abouti à la mise à jour de « la tombe du pêcheur » s’appelle John O’Neill.
Cet ouvrage construit à la manière d’une enquête quasi scientifique commence le récit dès 1939. A la mort du pape Pie XI, les travaux pour creuser sa tombe sous la basilique permettent de découvrir un monde souterrain presque inexploré. Le nouveau souverain pontife se lance alors secrètement dans une aventure surprenante : vérifier si la tombe de Saint Pierre ne se trouverait pas à Rome, dans les décombres sous la basilique.
L’auteur John O’Neill relate l’équipe qui se met en place pour mener ces travaux archéologiques. « Pour s’assurer du secret, le pape [Pie XII en 1940, NDLR] prit la fâcheuse décision de ne recruter que des prêtres et des employés du Vatican. » Le caractère non-spécialisé en archéologie de ces personnes contribuera à une déclaration erronée du pape en 1950 contredite par son successeur en 1968 : les ossements trouvés sous terre se révèlent bien être ceux de Saint Pierre.
John O’Neill a choisi de présenter le déroulement de ce processus historique et archéologique sous la forme de cercles concentriques. D’un chapitre à l’autre, on passe des acteurs aux faits, puis des relations interpersonnelles aux résultats des fouilles. L’auteur a eu le talent de décrire les formes de concurrence qui peuvent avoir lieu, même entre membres de l’Eglise. C’est ainsi que l’un des prêtres nommés, Antonio Ferrua, a pris l’ascendance sur l’autre responsable du projet, Ludwig Kaas, et sur l’ensemble de l’équipe.
Remarquons enfin un choix audacieux de l’auteur John O’Neill qui présente dès le premier chapitre de ce livre la figure de George Strake. C’est ce grand patron du secteur pétrochimique, dont la famille est par ailleurs amie de l’auteur, qui a financé le projet de fouilles archéologiques sous la basilique du Vatican à la demande de Pie XII. Il fallait un engagement considérable basé sur la foi pour accepter de verser des millions de dollars dans une entreprise secrète de recherches sur « la tombe du pêcheur ».
AF de BEAUDRAP
« La tombe du pêcheur », de John O’Neill, éditions Artège, 219 pages, avril 2020

Dès la prise de fonction de Pie XII, des archéologues ont mené des fouilles pour trouver la trace du premier pape. Cet ouvrage publié aux éditions Artège mène l’enquête sur cette aventure humaine du siècle dernier.