À l'issue d'un bras de fer de plusieurs années, le gouvernement tchèque a approuvé ce mercredi 11 janvier un plan prévoyant la restitution des biens confisqués durant l'ère communiste (1948-1989). Cette loi, rejetée par l'opposition et la majorité de la population, a semé la discorde au sein de la coalition gouvernementale.
Après vingt de négociations, le gouvernement tchèque s'est engagé à restituer à 17 Églises du pays – au premier rang desquels l'Église catholique – 56% de leurs biens nationalisés par le pouvoir communiste. Pour ceux qui ne peuvent être restitués, il s'est également engagé à leur verser, sur une période de trente ans, une compensation de 59 milliards de couronnes (2,35 milliards d'euros). Par ailleurs, l'État et les représentants des Églises se sont entendus sur une période transitoire de 17 ans pendant laquelle les Églises recouvreront leur indépendance financière.
Cette décision n'a toutefois pas été obtenue sans peine. Le plus petit des partis de la coalition au pouvoir, le Parti des Affaires publiques (VV), était effectivement opposé à cet accord, estimant qu'il grèverait trop lourdement le budget de l'État et qu'il était préférable d'attendre la reprise économique pour lancer cette mesure. Pour débloquer la situation, le président du gouvernement tchèque, Petr Necas, a été obligé de menacer le VV de limoger ses ministres s'il mettait à exécution sa menace de s'opposer à la restitution des biens d'Église et au versement d'indemnités.
Un accord difficile à avaler
Suite à une discussion avec le cardinal praguois Dominique Duka et un entretien nocturne avec Petr Necas, le Parti des Affaires publiques a changé de position et cessé de faire obstruction à ce projet de loi. Radek John, son président, a expliqué ce tournant par les garanties qu'il aurait obtenues de la part du Premier ministre. "Nous nous sommes mis d'accord que les compensations aux Églises seront financées par des mesures d'économie budgétaires et la réduction de la bureaucratie", a-t-il expliqué. "Il ne s'agira donc pas de coupes dans les budgets de divers ministères ou de coupes dans les prestations sociales. Le citoyen ne sera pas touché par ce règlement. L'argent sera trouvé ailleurs."
Ce projet de loi doit maintenant être présenté au Parlemetn où la coalition au pouvoir dispose d'une majorité de 115 sièges sur 200.
Ce qui est sûr, c'est que cette mesure est impopulaire dans le pays. D'après un sondage représentatif de l'agence STEM, 69% des Tchèques étaient contre cet accord.
PA/Apic
Légende photo : Petr Necas, le président du gouvernement tchèque

