Le quatrième pouvoir…


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Le quatrième pouvoir…
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Depuis un certain temps, nous observons une tendance à vouloir museler la presse, voire la discréditer. Aux Etats-Unis, depuis l’accès à la présidence de Donald Trump, tout est fait pour accuser les journalistes de propager de fausses nouvelles. En France, des reporters se sont faits agresser lors de certaines manifestations des "gilets jaunes". Il est vrai que la presse n’est pas exempte de tout défaut. Celle qu’on surnomme le "quatrième pouvoir" joue parfois un rôle ambigu, notamment lorsqu’elle "flirte" avec le pouvoir. Car ne fermons pas les yeux: certains – dirigeants et journalistes – utilisent les médias pour manipuler l’opinion.
Agir de la sorte, c’est mettre en cause l’indépendance que la presse doit avoir. Cette indépendance est vitale, car garante du bon fonctionnement de nos institutions et de notre société. Tant de scandales ont été révélés grâce à des journalistes soucieux de respecter strictement leur déontologie professionnelle sans céder aux sentiments et aux pressions.
Mais cette indépendance est fragile et fait peur. En 2017, trente-neuf journalistes ont été assassinés, sciemment visés, au motif que leurs enquêtes dérangeaient les intérêts de telles ou telles autorités politiques, économiques ou groupes mafieux.
Et voilà qu’en catimini, un avant-projet de loi belge "relatif à la classification", semble atteint par cette tendance liberticide. Approuvé en mai dernier par le gouvernement minoritaire en affaires courantes, il a été "recalé" par le Conseil d’Etat. Alors que le texte transmis n’a pas été rendu public, l’avis de la Haute institution nous apprend que l’article 22 vise à sanctionner pénalement toute personne divulguant une information classifiée. De là à imaginer qu’un journaliste ou un lanceur d’alerte, qui révélerait des informations classifiées (sur une institution publique) pourrait être poursuivi, il n’y a qu’un pas. Pour le Conseil d’Etat, c’est clair: "Conçue de manière aussi large, cette incrimination pourrait (…) soulever des difficultés au regard (du) droit à la liberté d’expression et d’information." Deux droits fondamentaux, consacrés par l’article 10 de la Convention des droits de l’homme!
"La liberté demande du courage", estime le pape François pour qui le respect de la liberté de la presse constitue "un indice important de l’état de santé d’un pays. La presse doit être au service de la vérité et de la vie humaine". A méditer au 16 rue de la Loi?

Jean-Jacques DURRE
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Catégorie : Opinions

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