Actiris veut former des sans-papiers


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Actiris veut former des sans-papiers
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

De tous temps, les emplois les moins valorisés ont été une porte d'entrée pour les travailleurs étrangers. En effet, quand il n'y aucun candidat en Belgique, il faut trouver des solutions. Les métiers en pénurie, les emplois inoccupés sont un problème récurrent pour lequel Actiris cherche des solutions tout azimut.

Pour faire face à cette question, Actiris étudie la possibilité de former des sans-papiers ou des personnes en cours de régularisation. Ce qui ne manque pas de faire réagir la droite flamande.

Pénurie de main-d'oeuvre à Bruxelles

En Région Bruxelloise, 80.000 emplois sont vacants, selon Jan De Brabanter de l'Union des Entreprises de Bruxelles (UEB) et membre du Comité de gestion d'Actiris. Dans les soins de santé, la construction, mais aussi les métiers de l'informatique, il y a pénurie : "On cherche désespérément des personnes à intégrer sur le marché de l'emploi". Et du côté des réfugiés, il y a des personnes compétentes. D'ailleurs, Caritas a publié récemment une étude sur la contribution (très) positive des migrants à notre économie (voir sur Cathobel Mieux considérer la plus-value des migrants). Ces personnes ont peu de bagages 'physiques' mais disposent d'expériences et souvent d'une force de travail qu'il serait dommage de ne pas valoriser.

C'est pourquoi Actiris explore des pistes pour autoriser les personnes sans titre de séjour à s'inscrire auprès d'elle afin d'accéder à une formation professionnelle pour les métiers en pénurie. Son comité de gestion lui a donné mandat pour poursuivre une étude juridique autour de cette possibilité. "Cela pourrait être une partie de la solution pour les employeurs", explique Jan De Brabanter.

Il faut étudier la faisabilité du projet: "Identifier les entraves juridiques afin de permettre à des gens qui sont à Bruxelles, qui ont des compétences, des expériences de suivre des formations." Actiris désire "capter" ces personnes plutôt que de les "laisser dans les rues, au Parc Maximilien et rater des occasions."

Des réactions négatives du côté du gouvernement sortant

La ministre démissionnaire en charge de l'Asile et de la Migration, Maggie De Block (Open Vld) s'est dite opposée à cette idée ce lundi au micro de la RTBF : "Ce qu'Actiris veut faire, c'est un mauvais signal pour ces gens qui doivent quitter le pays. Actiris a pour mission de trouver de l'emploi aux Bruxellois et il y en a encore 9% au chômage. Je pense que c'est ça leur tâche, pas de faire des investigations alors que côté fédéral, il n'y a pas de volonté de coopérer à ça."

"Pour nous, c'est une régularisation collective masquée" a déclaré Maggie De Block qui se dit contre et est curieuse de mieux comprendre ce qu'Actiris est en train de faire. Theo Francken, son prédécesseur au gouvernement, ne dit pas autre chose. "Pas de régularisation collective, pas même par la porte de derrière", a-t-il ainsi tweeté.

Pour Actiris, il ne s'agit pas de régularisation massive et l'organisme ne veut pas en faire un "dossier politique": "Aucune demande formulée vis-à-vis du Ministre de l'emploi, c'est une étude en interne pour l'instant et aucune démarche ou désaccord vis-à-vis des employeurs."

A noter un point déjà relevé par l'étude de Caritas et qui revient aussi dans l'analyse d'Actiris: ces personnes en cours de régularisation ou sans titre de séjour valable font parfois déjà partie du marché de l'emploi, mais "au noir". On parle de 100.000 à 150.000 personnes. Actiris refuse d'ignorer cette donnée.

NG/RTBF

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