Le CCLJ, centre communautaire laïc juif David Susskind, a demandé à différents représentants des cultes et de la laïcité si, selon eux, il fallait maintenir le cours de religion. Ils ont répondu.
Après l’apparition en 2017 des cours de philosophie et de citoyenneté (CPC), le débat sur le maintien des cours de religion a refait surface. Les élèves des écoles officielles viennent de recevoir le formulaire qui les invite à choisir de suivre ou non le cours de religion ou de morale à raison d'une heure ou d'opter pour une deuxième heure de CPC. Les cours de religion ont-ils encore leur place dans l’enseignement ? Faut-il privilégier l’enseignement de la philosophie ? et/ou de l’histoire des religions dans leur ensemble ?
"Plus indispensables que jamais"
« Les cours de religion sont plus indispensables aujourd’hui que jamais », estime le Grand rabbin Albert Guigui. « Non seulement parce que chaque enfant a besoin de connaître ses racines et que ces cours lui permettent de s’ancrer dans un vécu, une mémoire, qui le forgeront dans son identité. Mais aussi parce que nous vivons dans une société violente, qui connaît une forte montée des extrémismes, et que dans ce contexte, il est essentiel que le programme des cours de religion soit contrôlé, avec une ouverture sur le monde. Comment fabrique-t-on les djihadistes ? En prenant des jeunes qui n’y connaissent rien, et en leur remplissant la tête pour leur faire croire qu’ils deviendront les sauveurs. S’il n’y a plus les cours de religion à l’école, les parents inscriront leurs enfants dans des écoles coraniques, avec un enseignement non contrôlé. " Et de souligner que le cours de religion ne se limite pas à la stricte religion. « Il est aussi un cours de pensée et d’histoire ». Le grand rabbin estime que Ce serait une grande perte si ces cours disparaissaient ».
Mohamed Azaitraouiest conseiller musulman auprès des IPPJ de Braine le Château et de Wauthier-Braine. A la question « Faut-il maintenir les cours de religion ? », sa réponse est « Oui ! » « Les cours de religion, au-delà de l'aspect spirituel qu'ils visent à inculquer aux apprenants, mettent en exergue la morale religieuse qui est la base de chaque religion », affirme-t-il. « Et il ne faut pas oublier que les cours de religion doivent préparer les apprenants à une citoyenneté responsable et les orienter vers le respect des autres convictions. Ceci dit, je suis aussi pour les cours de Philosophie / Education à la citoyenneté ou l'enseignement de l'Histoire des religions », nuance Mohamed Azaitraoui, « mais en parallèle et non au détriment des cours de religion proprement dits. [...] Les cours de religion apportent un support spirituel, identitaire et culturel qui peut pousser l'individu à mieux s'épanouir dans la société. Il faut respecter cette différence qui fait notre richesse. Je suis pour une laïcité respectueuse de la croyance de toutes les composantes de la société, et non pour une laïcité basée sur l'élimination des autres pensées religieuses.»
Selon Gabriel Ringlet, prêtre et ancien vice-recteur de l'Université catholique de Louvain (UCL), « pour former de jeunes citoyens capables de dialoguer dans le respect des convictions de chacun, l’école devrait proposer trois enseignements essentiels et complémentaires, pour tous et tous réseaux confondus : un cours de philosophie tout d’abord, un “vrai” cours de philosophie qui présente quelques grands auteurs et introduit vraiment à la discipline philosophique. Ensuite, un cours d’histoire des religions et laïcités. Parce qu’il est essentiel de savoir quelque chose de la conviction de l’autre. Un jeune chrétien doit avoir une ouverture aux mondes juif, musulman, laïque, et autres spiritualités orientales, par exemple. Enfin, un cours d’approfondissement d’une religion ou conviction particulière."
Conclusion
L'article se conclut sur la réflexion suivante : "Si le débat revient chaque fin d’année scolaire avec la même ferveur, une valeur semble toutefois partagée par le plus grand nombre : celle du vivre-ensemble, de l’ouverture à l’autre et à la diversité. Une lecture critique détachée des fondamentalismes, comme l’enseignerait peut-être une combinaison de cours de philosophie et d’histoire des religions, permettant aux élèves de connaître leurs racines tout en ayant envie de rencontrer l’autre dans sa différence. Un cours clairement envisagé comme un outil de prévention face à la radicalisation des jeunes et à leur manque de repères apparaît en effet aujourd’hui comme une nécessité".
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S.D avec le CCLJ - Regards
Le CCLJ, centre communautaire laïc juif David Susskind, a demandé à différents représentants des cultes et de la laïcité si, selon eux, il fallait maintenir le cours de religion. Ils ont répondu.